Les négociations pour conclure un accord interprofessionnel (AIP) ont lieu tous les deux ans. Elles garantissent un socle commun d'avantages sociaux à tous les travailleurs du secteur privé (ouvriers et employés), soit 2,6 millions de salariés.
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Contenu d'un AIP Les négociations portent sur la durée de travail, la durée des vacances annuelles, le paiement des pécules, le salaire minimum garanti… L’AIP permet donc de garantir un socle commun d’avantages sociaux à tous les travailleurs du secteur privé. Sans lui, seuls les travailleurs des secteurs où l’on négocie bénéficieraient d’avancées sociales. Il est le garant de la solidarité entre les travailleurs. L’AIP encadre les négociations sectorielles. Il fixe des cadres qui permettent aux secteurs de négocier plus que ce que prévoit l’AIP, mais pas moins. Il sert ainsi d’outil d’articulation entre des secteurs très différents au plan économique ou dans la tradition sociale. L’AIP débouche également sur des conventions collectives de travail (CCT) du Conseil national du travail (CNT) et/ou sur des modifications/élaborations de lois, ou encore des travaux d’évaluation. Qui négocie l’accord Les négociations se déroulent au sein du Groupe des dix qui rassemble les partenaires sociaux, c’est-à-dire les organisations patronales et syndicales. Le gouvernement reconnaît le résultat de la négociation qui fait partie intégrante de la politique sociale. Le gouvernement n’intervient donc pas dans les négociations, sauf si les partenaires sociaux ne réussissent pas à s’entendre. Rôle du Conseil central de l’économie La loi du 26 juillet 1996 instaure un mécanisme de norme salariale maximale. Le Conseil central de l’économie (CCE) est chargé d’élaborer une fois par an un rapport technique sur les marges disponibles pour l’évolution du coût salarial. Ces marges sont elles-mêmes fonction de l’évolution des salaires chez les trois principaux partenaires commerciaux de la Belgique: l’Allemagne, la France et les Pays Bas. Ces données définissent la marge disponible pour l’évolution du coût salarial négociée à travers un accord interprofessionnel. Acquis depuis 1960 Le premier accord interprofessionnel, dans l'acception actuelle du terme, a vu le jour en 1960. Plusieurs accords majeurs sont ensuite intervenus, qui ont généré une nette amélioration des conditions salariales et de travail des travailleurs belges. Ils ont également permis de consolider le système de sécurité sociale. Ainsi, l’accord de 1960 a débouché sur le double pécule pour la deuxième semaine de vacances, et celui de 1964 sur une troisième semaine de vacances. En 1966, les partenaires sociaux ont formulé des recommandations en vue de l’octroi du double pécule pour une troisième semaine de vacances. En 1968, ils ont recommandé de réduire le temps de travail d’une heure en 1969 et d’une heure en 1970. On en était alors à la semaine de 43-44 heures. Et, en avril 1973, les objectifs de la semaine de 40 heures et d’une quatrième semaine de vacances annuelles ont été confirmés. Au milieu des années 1970, la crise économique a singulièrement compliqué la donne. L’accord interprofessionnel de 1975 a été le dernier d’une longue série. Les partenaires sociaux s’y engageaient à combattre la détérioration de l’emploi et ils formulaient des recommandations sur l’égalité de traitement entre hommes et femmes. Plus aucun accord réel n’a été conclu entre 1976 et 1986 et c’est le gouvernement qui a imposé aux employeurs et aux travailleurs le cadre de leurs relations. C’est seulement en 1986 que les partenaires sociaux sont parvenu à renouer avec la tradition des accords bisannuels. Depuis 1996 et la loi sur "la promotion de l’emploi et la sauvegarde préventive de la compétitivité", l’accord qui résulte de la négociation interprofessionnelle fait partie intégrante de la politique sociale. Ces dernières années, 1996 et 2005 ont été les seules années où ils ne sont pas parvenus à un accord. En 2005, l'accord a été rejeté par la base de la FGTB. C’est le gouvernement qui a pris alors le relais du projet d'accord et l’a mis en application. Depuis le début du XXIe siècle, la concertation interprofessionnelle a déjà généré quelques améliorations sociales majeures:
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