29.1.2009 Un monde, une crise, deux voies
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| | En ce moment se tiennent deux forums mondiaux, l’un à Belém, l’autre à Davos. Tout les oppose, sauf leur objectif: trouver des remèdes à la crise mondiale actuelle.
Du 27 janvier au 1er février, les altermondialistes se sont donnés rendez-vous à Belém au Brésil pour le 8e Forum social mondial. Quelque 100.000 personnes étaient attendues dans la capitale de la province du Pará. Cet espace de rencontre rassemble des ONG, des syndicats et divers acteurs de la société civile. Durant six jours, les organisateurs proposent des débats, des réflexions et des échanges d’expériences entre participants. Leur objectif: élaborer des projets qui leur permettront de bâtir un monde plus solidaire, plus démocratique et plus juste, en opposition aux modèles néolibéraux et capitalistes dominants.
A plus de 7.500 kilomètres de là a lieu un tout autre rassemblement: la 39e édition du Forum économique mondial. Du 28 janvier au 1er février, l’ensemble des dirigeants politiques et économiques de la planète, soit 2.500 hauts responsables, se retrouvent à Davos, en Suisse, cette fois sur fond de crise.
Pour les acteurs du Forum social mondial, c’est le système capitaliste et néolibéral qui a provoqué la crise. Sans changement en profondeur, on ne pourra résoudre les problèmes d’exclusion et d’inégalités sociales que le système a lui-même fabriqués. Parmi les participants: la CSC qui a envoyé 20 représentants à Belém.
"Nous avons rencontré Avelino Garcia Filho, le président de la fédération du commerce de l’UGT, le 3e plus grand syndicat brésilien", raconte Marc Becker, secrétaire national de la CSC. "Avelino nous a fait part des difficultés énormes que vivent au quotidien les "syndicats de base" (sections locales). Parfois même pas le téléphone. Editer un tract est une épreuve technique quasi insurmontable pour certains. Les négociations se déroulent au niveau des municipalités. Chaque section locale essaye d’obtenir un minimum décent. Faire passer le "barème" à deux fois le salaire minimum (130 euros) est une victoire importante. Encore faut-il arriver à le faire appliquer. Car les petits commerces foisonnent. Et là, le travail syndical a toutes les limites de la précarité. Le syndicat reste l’ennemi, et il y a tant de sans-emploi. Mais à entendre notre nouvel ami Avelino, nous retrouvons l’énergie et la passion du début du syndicalisme."
Aussi au Forum économique mondial
Les syndicats participent également au Forum économique mondial. "Nous sommes présents pour défendre le droit au travail, les salaires, les logements décents et les droits syndicaux, et non pas pour venir au secours du marché", explique Luc Cortebeek, président de la CSC et vice-président de la Confédération syndicale internationale (CSI).
Guy Ryder, secrétaire général de la CSI: "L’année dernière, à Davos, nous avions mis les employeurs et les hommes politiques en garde à propos de l’instabilité de l’économie mondiale. Mais la plupart d’entre eux étaient trop contents de continuer à empocher les bénéfices à court terme du modèle raté de la déréglementation et de la spéculation. Le monde économique et les gouvernements sont seuls responsables de cette crise, mais ils ne pourront la résoudre sans travailler avec les syndicats pour stopper l’hémorragie d’emplois dans le monde, pour relancer l’économie mondiale et pour mettre en place un cadre de réglementation".
Les deux forums se termineront le 1er février. Au-delà des discussions, quelle que soit la voie suivie, ce sont les actes qui compteront. Il y a urgence. Les citoyens doivent, plus que jamais, être entendus.
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