Travailler toujours plus longtemps?

La charge de travail élevée, l’augmentation constante de la flexibilité, les changements technologiques ont pour conséquence que de nombreux travailleurs ne parviennent plus à suivre le rythme en fin de carrière. Suite aux mesures prises récemment par le gouvernement, il est toutefois de plus en plus difficile de mettre fin à sa carrière anticipativement :
  • L’âge légal de la pension est progressivement porté à 67 ans.
  • Le régime des prépensions a été réformé, avec un durcissement des conditions d’âge et d’ancienneté. Les prépensions sont également plus coûteuses pour les employeurs.
  • Les travailleurs âgés qui quittent malgré tout leur emploi plus tôt sont tenus d’accepter des offres d’emploi que les pouvoirs publics estiment adéquates pour leur situation, sur base de règles plus strictes que dans le passé.
Ces mesures ne tiennent toutefois pas compte:
  • de la pénibilité du travail et de la carrière;
  • des grandes différences entre certains groupes professionnels à partir d’un certain âge;
  • des possibilités restreintes, pour certains groupes de travailleurs âgés qui ont été licenciés, de retrouver un emploi.
Pour la CSC, la pension anticipée et les formules permettant d’accéder plus tôt à un emploi à temps partiel doivent rester possibles dans le futur.

Améliorer la qualité du travail pour tous

D’autre part, il faut mettre l’accent sur la qualité du travail pour tous, afin que ceux qui le veulent puissent effectivement continuer à travailler plus longtemps, afin que les jeunes ne soient pas épuisés par le stress, par des conditions de travail difficiles, par un rythme de travail élevé, par une flexibilité extrême, par des horaires flottants ou des régimes de travail très lourds, et ce bien avant qu’ils n’approchent l’âge d’un départ anticipé.
Un délégué de la CSC a de nombreux moyens d’action pour améliorer la qualité du travail, y compris pour les travailleurs plus âgés. Il existe un large éventail de mesures que l’on peut appliquer dans les entreprises et les organisations. Dans certains entreprises, il faudra mettre davantage l’accent sur des améliorations ergonomiques: un travail moins lourd, moins monotone, moins répétitif, plus varié, avec de meilleurs outils, pour éviter notamment que les travailleurs doivent soulever des personnes ou des charges lourdes.

De nombreux moyens d’action

Dans d’autres entreprises ou organisations, il faudra s’attaquer à la charge de travail, au stress ou à la charge émotionnelle. De nombreuses actions sont possibles:
  • veiller à ce que ce ne soient pas toujours les mêmes travailleurs qui soient interpellés ou chargés de faire tourner les choses;
  • éviter au maximum les travaux lourds et intensifs;
  • donner aux gens la possibilité de suivre le rythme ou de quitter leur fonction temporairement;
  • répartir les tâches équitablement;
  • permettre des régimes de congé adaptés, des jours de vacances supplémentaires, une organisation du travail adaptée, des changements de fonction;
  • permettre l’accès à des fonctions moins lourdes: favoriser la mobilité interne;
  • bénéficier d’horaires adaptés ou ne plus travailler en équipes;
  • instaurer le télétravail, etc.
Il n’existe pas de recettes universelles pour assurer la qualité du travail dans toutes les entreprises ou institutions, si ce n’est en veillant à une concertation de qualité entre employeurs et travailleurs. Les délégués de la CSC sont les mieux placés pour participer à des décisions qui tiennent compte de la nature du travail dans chaque institution ou entreprise.

Travailler toujours plus longtemps ?