La sécurité et la santé des travailleurs: une priorité

Travailler dans un environnement sain et sûr, c’est le souhait de chacun. Techniquement, les risques liés au travail peuvent être évités, pour autant que l’on puisse y réfléchir et en discuter suffisamment, et que l’on y consacre suffisamment d’effectifs et de moyens. C’est malheureusement loin d’être le cas partout.

Des groupes et secteurs à risque

Le nombre d’accidents du travail mortels a été réduit de moitié en Belgique depuis les années 1980, mais le nombre d’accidents à l’origine d’un handicap permanent n’a pas diminué. Les accidents du travail sont nettement plus fréquents dans certains groupes et secteurs: accidents parmi les intérimaires et les sous-traitants, chutes dans la construction, accidents avec des engins de levage, accidents impliquant les nouveaux travailleurs dans l’entreprise (qui ne connaissent pas suffisamment les risques, par manque de connaissance ou de formation).
D’autre part, les compagnies d’assurances font de plus en plus de difficultés pour reconnaître les accidents de travail. Certaines refusent déjà de reconnaître un accident déclaré sur cinq. Il est fréquent aussi que des accidents ne soient pas indemnisés, surtout lorsqu’il n’y a pas eu de témoin ou lorsque la victime ne réagit pas face à l’assureur par le biais de son syndicat.

Encore de nombreuses infractions

De nombreux problèmes subsistent au niveau du respect de la législation en matière de sécurité. Lors d’inspections inopinées, une fois sur deux, le service de surveillance du bien-être au travail enregistre des infractions importantes qui peuvent entrainer des blessures graves: utilisation de substances dangereuses, risques de chute, sécurité des machines, prévention contre l’incendie ou sécurité électrique. Avec le peu de personnel dont ils disposent, les services d’inspection peuvent visiter chaque entreprise tous les 21 ans en moyenne…
Les services de prévention, auxquels tous les employeurs sont tenus de s’affilier, rendent eux aussi des services très utiles, mais ils sont, eux aussi, trop peu présents dans les entreprises, et en particulier dans les petites entreprises. Ils peuvent conseiller un employeur et un comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT), mais ils ne peuvent rien imposer: l’employeur est leur client.

Le rôle des délégués

La mission des délégués de la CSC au sein des CPPT est donc particulièrement importante. Ils peuvent veiller à ce que la législation et les normes en matière de sécurité soient respectées scrupuleusement, y compris pour les travailleurs temporaires et les sous-traitants. En matière de sécurité et de santé, toute nonchalance ou négligence est à proscrire. Le délégué est là aussi pour rassembler les plaintes des travailleurs en matière de sécurité au travail, et en discuter au CPPT.
En tant que délégué, vous pouvez:
  • faire en sorte que les travailleurs disposent tous d’instructions et de formations de qualité en matière de sécurité, y compris les nouveaux collaborateurs, les intérimaires et les sous-traitants;
  • tenir à l’œil la prévention contre l’incendie, analyser les accidents de travail et réfléchir à la manière de les éviter dans le futur;
  • assurer le suivi des remarques des services de prévention, élaborer un plan d’action annuel sur la sécurité et la santé au travail, et participer au choix des experts du service externe de prévention qui doivent se rendre dans l’entreprise dans le courant de l’année: un médecin du travail, un ergonome, un psychologue ou un expert en risques chimiques.
Ce ne sont là que quelques exemples des missions qui peuvent incomber à un membre du CPPT.
La sécurité et la santé des travailleurs, voilà bien des domaines dans lesquels on ne peut pas prendre de risques.

Sécurité au travail