La concertation est au cœur du travail syndical

Les travailleurs savent mieux que quiconque comment changer et améliorer leur situation professionnelle. A travers leur expérience et leur engagement quotidiens, ils connaissent souvent mieux leur travail que les membres de la direction ou les supérieurs hiérarchiques qui n’ont pas (plus) la pratique du terrain. Les travailleurs sont les premiers à ressentir l’impact des évolutions et de certaines décisions sur le terrain. Dès lors, les meilleures décisions sont celles qui sont prises en concertation avec les travailleurs.

Des solutions concertées

C’est pour cette raison que la CSC souhaite que chaque entreprise organise une concertation solide. Pour informer les travailleurs, correctement et en temps utile, sur les petits et grands projets de la direction, et pour leur permettre de prendre part aux décisions relatives à l’organisation du travail, aux conditions et à l’environnement de travail, afin qu’elles soient à la mesure des travailleurs.
Des solutions concertées sont généralement plus qualitatives que des décisions imposées unilatéralement. Elles rencontrent un plus large consensus et sont plus rapidement et plus correctement mises en œuvre que des options politiques forcées. Un bon compromis vaut mieux qu’une décision contestée et un conflit latent.

Des succès méconnus

La grande majorité des délégués de la CSC estiment que la concertation dans l’entreprise fonctionne bien chez eux. Elle se déroule dans une ambiance constructive, et l’employeur tient généralement compte de leurs remarques. Ils parviennent à obtenir de nombreuses avancées. Cette expérience syndicale, les nombreuses concertations, les petits et grands résultats obtenus pour des travailleurs individuellement ou pour l’ensemble du personnel, sont au cœur du travail syndical dans les entreprises.
Malheureusement, cette réalité reste souvent méconnue. Bon nombre de personnes connaissent surtout le travail syndical par les actions, les grèves, les manifestations, les palettes incendiées à l’entrée des usines, autant d’images relayées par les médias. Or, une grande partie de l’action syndicale se déroule à la table des négociations, à travers la concertation et l’information des collègues. Elle débouche souvent sur des résultats spectaculaires, mais les médias n’en font que rarement état, voire jamais.
Les employeurs, eux aussi, ont tout à gagner d’une bonne concertation. Le conseil d’entreprise (CE) et le comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT) permettent aux dirigeants et aux CEO d’être véritablement à l’écoute des acteurs de terrain, concrètement. Ils reçoivent des messages non filtrés sur la situation réelle au sein de l’entreprise, sans que des intermédiaires hiérarchiques n’édulcorent le propos.

Relayer les revendications

La CSC attend de ses représentants qu’ils relaient les revendications de leurs collègues dans le cadre de la concertation. En groupe. Car une bonne concertation requiert une bonne préparation, l’implication des affiliés et des militants, une structure démocratique et la justification des positions, une attention portée à l’ensemble des travailleurs, y compris les plus faibles (intérimaires, sous-traitants, jeunes, etc.).
La CSC entend soutenir ses délégués de manière optimale. A travers des formations sur les matières de la concertation, un réseau de spécialistes en bien-être au travail et en informations économiques et financières, des juristes, des experts en environnement, qui peuvent les conseiller dans des dossiers concrets, etc. Les délégués de la CSC ne sont pas seuls!

Etes-vous entendu au boulot?