Renouveler

affiche - renouveler
La participation n’est pas donnée, il faut l’obtenir, ce qui demande la mise en oeuvre d’une série de moyens de pression. Les syndicats disposent d’un moyen de pression que les autres organisations n’ont pas: le droit de grève des travailleurs. Bien que ceci ne soit qu’un élément d’un arsenal beaucoup plus vaste allant de la manifestation jusqu’à l’argumentation via les médias.

Ici, nous sommes placés devant un quadruple défi:

Tout d’abord, il faut préserver cet arsenal. Certainement maintenant que celui-ci subit une pression croissante des employeurs et de la droite. Les employeurs et autres «victimes» des grèves qui invoquent l’abus du droit de grève et revendiquent un dédommagement. Des ordonnances avec astreintes contre des grèves ou des piquets de grève. Des responsables politiques qui veulent soumettre l’exercice du droit de grève à toutes sortes de règles. L’obligation d’assurer un service minimum lors de grèves, entretemps déjà annoncé par le nouveau gouvernement fédéral pour la SNCB, les centres pénitentiaires et les aiguilleurs du ciel. Des sanctions administratives communales (SAC) contre des actions locales… Et, la cerise sur le gâteau, le monstre du Loch Ness de la personnalité morale pour les organisations syndicales, afin de pouvoir leur envoyer des réclamations en dommages et intérêts à l’issue d’une grève ou d’une manifestation, visant ainsi la destruction financière du syndicat. Car c’est bien ça le véritable enjeu. 
Ensuite, il faut renouveler cet arsenal. Les grèves et les manifestations de grande envergure ne sont pas un but en soi, mais bien des moyens pour atteindre d’autres objectifs. En conséquence, il faut toujours chercher les moyens les plus appropriés. Tout en tenant compte du fait que l’efficacité des actions classiques est quelque peu entravée par le ressentiment involontairement provoqué. Et parfois on peut être agréablement surpris par l’effet provoqué par des actions à petite échelle.
En troisième lieu, il faut utiliser à fond le pouvoir de la communication étant donné que les employeurs sont de plus en plus soucieux de leur image de marque. Parce qu’actuellement, vous pouvez uniquement obtenir raison au niveau politique lorsque les politiques constatent que l’opinion publique et les médias (y compris les médias sociaux) sont de votre côté. Et parce que le succès d’une action dépend également de la façon dont elle est accueillie par les médias.
Quatrièmement, il faut conjuguer nos forces avec des organisations qui partagent les mêmes opinions. Non seulement parce qu’ensemble, nous sommes plus forts, mais également parce que nous constatons que nous obtenons alors une meilleure cote dans les médias dominants. Ces médias qui ne cessent de nous descendre en flammes ou de nous ignorer. Mais lorsque les syndicats s’associent à d’autres organisations, ces médias éprouvent un peu plus de difficultés à réagir de la même façon.