J’ai besoin d'heures de travail, mais s'il allait plus loin?

"J'ai besoin de ce travail... Mais s'il allait plus loin?"

«Je suis aide ménagère en titres-services depuis huit ans. Il y a quatre semaines, j’ai dû me rendre chez un nouveau client. Quand je suis arrivée chez lui, il m’a offert un café. Il voulait apprendre à me connaître. Il m’a parlé de lui. Longtemps. Il m’a demandé si j’avais des enfants. Je lui ai dit que j’élevais seule mes deux petits bouts.
Je lui ai demandé si je pouvais nettoyer quelque chose. Il m’a répondu qu’il n’y avait pas grand-chose à faire, qu’il se débrouillait bien tout seul… Je n’ai pas compris ce que je faisais là. J’ai fait la petite vaisselle et puis je suis rentrée chez moi.
À la fin de la semaine, l’agence m’a appelée: le nouveau client était content de mon travail et souhaitait que j’y retourne chaque mercredi. Je n’ai pas compris, je n’ai rien dit. Enfin… J’ai accepté, bien sûr.
Le mercredi suivant, quand je suis arrivée, il a voulu me montrer ses peintures. Toutes montraient des femmes complètement nues. J’étais très mal à l’aise… Je suis restée silencieuse… Il m’a dit qu’il me trouvait très jolie et que, si j’avais besoin d’un peu plus d’argent, il pourrait me faire poser… J’ai couru dans la cuisine et je me suis mise à ranger les choses qui trainaient, comme une hystérique. Il n’a plus rien dit et m’a laissée travailler.
La semaine dernière, j’y suis retournée. Sur le chemin, j’avais une boule dans le ventre. Quand je suis entrée chez lui, j’ai tout de suite entendu qu’il était sous la douche. Je me suis mise au travail… Il m’a rejoint dans la cuisine en serviette de bain. Il m’a dit qu’il ne faut pas avoir peur de la nudité… Que, si j’étais intimidée, il voulait bien se dévêtir en premier… J’ai cru que mon cœur allait s’arrêter… Je lui ai dit de se rhabiller immédiatement ou je partais! Il m’a agrippée par le bras en hurlant, et puis il a disparu.
En rentrant chez moi, je me suis sentie si seule, désemparée. J’ai besoin de ces heures de travail… Mais s’il allait plus loin? C’est peut-être ma faute… J’ai accepté de boire ce café, de l’écouter, de regarder ses tableaux… Peut-être quelque chose, dans mon attitude… Avec un peu de chance, il ne sera pas chez lui la prochaine fois. Peut-être que j’exagère, que je me fais des idées…»
Témoignage de Marie-Lou basé sur des faits réels.