Situation en Wallonie

En Wallonie aussi, les femmes sont victimes de violences dans la sphère privée et au travail. Des violences souvent répétées, commises par des personnes connues, et de nature sexuelle.
«La violence contre les femmes n’est pas un droit de l’homme» affirme une campagne d’Amnesty International. C’est on ne peut plus juste, mais il semble pourtant qu’un certain nombre d’hommes n’en soient toujours pas conscients aujourd’hui en Wallonie. Longtemps tues, les violences faites aux femmes sont de plus en plus montrées et dénoncées.
Dans une enquête menée en 2009, les chercheurs du Conseil wallon de l’égalité entre hommes et femmes ont interrogé 2.014 Wallonnes et Wallons âgés de 18 à 75 ans sur leur expérience en matière de violence. Celle-ci était définie comme «toute atteinte à l’intégrité physique ou morale d’une personne» (1). Quarante-huit pour cent des personnes interrogées déclaraient avoir été confrontées à une violence au cours de leur vie adulte.

Violences répétées

Mais ces violences sont différentes selon l’âge et selon le genre. Les violences verbales (cris, injures, menaces, mépris des actes et des paroles, refus de parler et de discuter,…) sont très fréquentes et de nombreuses personnes (femmes et hommes) en sont victimes.
Sur la totalité d’une vie, femmes et hommes sont tous victimes d’humiliations, mais les femmes (23%) le sont un peu plus souvent que les hommes (21%). Les femmes sont deux fois plus victimes de privation de liberté (enfermées à l’intérieur ou, au contraire, mises à la porte sans pouvoir rentrer) que les hommes: les hommes sont 3% à déclarer avoir été soumis à de tels actes, les femmes 6%.
Selon cette enquête, les femmes (14%) subissent un petit peu moins de gifles, de coups et d’agressions physiques que les hommes (16%).
Mais ce sont des données générales. Il faut aussi se pencher sur le contexte. On voit alors que les femmes sont beaucoup plus victimes de violences conjugales et familiales que les hommes. Les hommes sont davantage victimes de violences dans la sphère publique, celles-ci sont le fait d’inconnus, et elles ne se répètent pas (altercations, bagarres, etc.). Au contraire, les violences faites aux femmes sont généralement commises par des personnes qu’elles connaissent, et ce sont des violences répétées.

Violences sexuelles

Au travail, les hommes sont 22% à avoir connu des faits de violence, les femmes 17%. Là encore, les femmes connaissent, plus souvent que les hommes, des violences répétées. Dans certains milieux professionnels, les hommes subissent de soi-disant «initiations» et des bizutages humiliants et violents. Sauf en cas de harcèlement, ils ne se répètent pas. Ils sont aussi victimes de coups dans des bagarres. Et surtout, au travail comme dans la sphère privée, les femmes (6%) sont, beaucoup plus que les hommes (1%), victimes de violences sexuelles, attouchements et/ou rapports forcés.
Wallons et Wallonnes sont également inégaux face à la violence ressentie. Ainsi, les femmes se sentent deux fois plus en insécurité que les hommes quand il s’agit de circuler la nuit, à pied, dans les centres-villes (2). Dans les secteurs du nettoyage et de l’horeca, dans les soins infirmiers, le travail peut se terminer tard, et le retour nocturne peut être générateur de stress et d’angoisse. Ceux-ci vont-ils jusqu’à influencer le choix d’un travail? L’enquête ne le dit pas, mais la question mériterait d’être posée.

En savoir plus :

Stop à la violence sexiste au travail!