La voiture un must pour l'emploi? Pas nécessairement

Ne pas avoir de permis ou de voiture ne facilite pas la recherche d’emploi. A fortiori lorsqu’on habite dans une zone mal desservie par les transports en commun et que les jobs auxquels on postule ont des horaires flexibles. Mais dans un monde de plus en plus connecté, il y a aujourd’hui pas mal d’autres moyens moins coûteux de se déplacer que la voiture individuelle...
A Mons, fin juin, un groupe de jeunes demandeurs d’emploi participant au projet «Coup de boost» (1) a approfondi cette question des déplacements avec les expertes des cellules de mobilité de la CSC et de la FGTB.  En guise de préalable, celles-ci ont fait un tour de table: «Qui a la possibilité d’utiliser une voiture?». Sur les 15 jeunes présents ce jour-là, seulement trois mains se lèvent. «Qui s’est déjà vu refuser un emploi parce qu’il ne possédait pas de voiture? Qui n’a pas pu se rendre à un entretien d’embauche faute de moyen de déplacement? Est-ce un sujet sur lequel les employeurs vous interrogent lors des entretiens d’embauche?»  A chaque fois, plusieurs mains se lèvent... 
Pour les jeunes qui vivent à l’écart des centres-villes et qui ont de petits moyens financiers, les difficultés de se déplacer sont réelles. Mais pas question de baisser les bras avant d’explorer toutes les solutions. C’est le message que  Véronique et Julie, les deux expertes mobilité, ont voulu faire passer.

Etre incollable sur les trajets

Premier conseil: lors de l’entretien d’embauche, il faut bien préparer son trajet pour ne pas être en retard, mais aussi bien préparer les arguments qui montreront que l’on est capable d’assumer ces trajets quotidiens même si on n’a pas de voiture. Pour vérifier la faisabilité des trajets en bus et en train, les outils de géolocalisation, les sites web des sociétés de transport en commun et autres applications pour smartphones sont évidemment des outils très utiles. Autres bons tuyaux à explorer: les banques de covoiturage ou encore, les systèmes de  location de vélos ou de scooters... Dans ce domaine aussi, les possibilités se diversifient (voir ci-dessous)
Second aspect non négligeable abordé lors de cette journée: la question du coût des déplacements. A quand bien revient chaque mois une voiture? Cela varie évidemment selon le type de véhicule et les kilomètres parcourus. Pour une voiture de type Citroën C3, et pour un déplacement quotidien de 30 km entre le domicile et le lieu de travail, le coût mensuel est estimé à 384 euros (hors frais de parking éventuels). (2) Un montant conséquent pour des jeunes qui démarrent avec des petits salaires. 
Il faut donc bien comparer avant de se lancer dans l’achat d’une voiture, conseillent les deux expertes. Avec, par exemple, l’achat  d’un scooter, vélo ou trottinette (électriques ou non), pratiques pour rejoindre une gare lorsque celle-ci n’est distante que de quelques kilomètres. Certains employeurs encouragent d’ailleurs l’usage du vélo en octroyant une indemnité de 23 cents par kilomètre (exonérée fiscalement). L’abonnement en transports en commun est quant à lui remboursé dans la plupart des cas par l’employeur, à raison d’au moins 75% de l’abonnement social (avec une intervention équivalente pour ceux qui utilisent leur voiture personnelle). 
Et si malgré tout, la voiture est indispensable, pourquoi ne pas penser au covoiturage... En covoiturant avec trois autres collègues, on n’utilise sa voiture qu’une semaine sur quatre. On divise donc les frais  (ce qui revient dans l’exemple ci-dessus à 96 euros au lieu de 384), tout en bénéficiant aussi de la contribution de l’employeur... Cerise sur le gâteau, si le covoiturage est organisé par l’employeur, une déduction fiscale de 0,15€/km est possible que l’on conduise ou que l’on soit passager (avec une limite de 200 km aller-retour). Dans le cas d’un déplacement quotidien de 30 km (60 km effectués pour l’aller-retour),  on peut donc déduire fiscalement 180 euros par mois. 
Après la théorie, les jeunes sont donc passés à la pratique. En petits groupes, ils ont dû chercher sur le web les différentes façons de rejoindre, depuis leur domicile, des lieux de travail précisés pour l’exercice (le Colruyt de Halle, Bpost à Fleurus et le Mc Donald’s des Grands Prés à Mons) en tenant compte de l’heure d’arrivée exigée. 
Avec Google maps -  et une vérification auprès des sites des Tec et de la SNCB -, la comparaison en temps est aisée entre la voiture et les transports en commun. Et en théorie, c’est souvent la voiture qui est la plus rapide, mais le calcul ne tient évidemment pas compte des embouteillages. 
Par contre, la démonstration a été faite que c’est de loin le mode de déplacement le plus cher (sauf si on covoiture), pour un avantage en temps pas toujours si conséquent. En fin d’exercice, après avoir trituré dans tous les sens les calculateurs et simulateurs en ligne, le vélo et le covoiturage semblaient donc avoir la cote après des jeunes, et surtout de leur portefeuille...

Des outils mobilité

Les sites de recherche d’itinéraire et de navigation comme googlemaps, mappy.be ou michelin.be
emptyIls permettent un repérage préalable d’itinéraires, recalculés via le mode de déplacement choisi, et même la vision des lieux en 3D.
Les sites des sociétés de transport en communinfotec.be, delijn.be (Flandre), stib.be (Bruxelles), belgianrail.be
Ils sont utiles pour vérifier les solutions et horaires proposés et les retards éventuels sur le réseau.
Les sites de covoiturage:carpool.be, blablacar.be ou l’appli comOn à télécharger sur smartphone. Ils permettent de trouver un ‘partenaire’ de covoiturage qui a le même profil (lieu de départ, lieu de destination, horaires,…). Il suffit alors de prendre contact avec lui pour fixer les modalités du futur covoiturage. 
Sur carpool.be on trouve aussi la liste des 70 communes wallonnes qui disposent de leur propre banque de données covoiturage, ainsi que les quatre zones d’activités: Parc Crealys (Namur), Tournai Ouest, Sart Tilman (Liège), parc d’activité économique de la Vallée du Hain (Wauthier-Braine). Certains zones d‘activité sont également reliées à une gare par une navette de bus. 
Les calculateurs ‘auto’: sur le site du Moniteur automobile, vous pouvez calculer le prix de revient de votre voiture, en fonction de ses caractéristiques personnelles. Un autre calculateur est aussi disponible sur le site mobilité du Service Public de Wallonie. 

Et pourquoi pas louer un vélo?

Pour les trajets entre 0 et 10 km, le vélo, éventuellement pliable et/ou électrique, peut être une solution fort intéressante, y compris pour se rendre au boulot.   
  • Blue-bike :  service de vélos à louer disponibles dans 53 gares en Belgique. Il permet de rejoindre facilement votre destination finale après un trajet en train, puis de revenir à la gare. L’ abonnement annuel coûte 12 euros et une location par utilisation et pour 24h s’élève à 1,15 euro (sauf exceptions). Le tarif est plus avantageux pour les abonnés SNCB. Plus d’infos sur blue-bike.be
  • Villo! : système de location de vélos à Bruxelles. Réparties tous les 450 m environ, les stations permettent d'effectuer de courts trajets. La carte 1 an permet de louer un vélo un nombre illimité de fois pour 34,70€. La première demi-heure de chaque trajet est gratuite. Il existe aussi une formule 1 ou 7 jours. villo.be. Même système à Namur, mais avec un autre nom Li bia Vélo. libiavelo.be
  • emptyCycloTEC : en Wallonie, le TEC propose un abonnement qui combine l'abonnement TEC classique à la mise à disposition d'un vélo pliable spécialement conçu pour cette combinaison vélo - transport en commun. Tarif : 60 € par an pour la location du vélo pliant, sa maintenance et une assurance. infotec.be
  • emptyDes points-vélo : en Wallonie,  8 points vélo sont associés à des gares. Outre la mise à disposition de parkings pour vélos, on peut aussi y trouver diverses informations sur le vélo dans la région, du petit matériel et de quoi assurer un dépannage d’urgence sur sa bicyclette (réparation d’un pneu crevé, d’un câble de frein,…).
Plus d’infos en lien avec l’usage du vélo sur provelo.org et gracq.org et dans la brochure «Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le vélo pour le boulot », brochure des Cellules Mobilité CSC et FGTB. rise.be

Pas trop tard pour tester un vélo électrique

Depuis un an maintenant, la Wallonie subventionne 79 vélocistes répartis sur tout le territoire afin de proposer un test gratuit de vélo à assistance électrique. David, qui habite et travaille dans la région de Manage, en a profité durant quinze jours. Et il est très satisfait :     
«Deux kilomètres séparent mon domicile  et mon lieu de travail, avec une côte à 7% sur 300m. Mais je subis cette côte sur le retour. Or, ce n’est pas la joie d’arriver chez soi en transpiration alors qu’on vient de prendre sa douche au travail en fin de service. J’ai donc testé un vélo électrique pendant 15 jours   gratuitement. Je suis allé  le chercher à environ 15km de chez moi, ce qui  m’a permis de me familiariser. Le lendemain j’étais prêt pour cette cote qui me faisait tant transpirer. J’avais l’impression d’habiter en Hollande ! Cette côte n’existait plus grâce à l’assistance  électrique. J’ai parcouru  environ 120 km avec ce vélo. Je retournais même manger chez moi sur le temps de midi. Ayant repris goût aux joies du vélo, je  reprends  maintenant plus souvent mon vélo classique  pour aller travailler. Et j’économise afin  d’acheter un vélo électrique».
Tous les Wallons peuvent bénéficier gratuitement de ce service en suivant les conditions d’inscription.  Inscription en ligne sur: www.jetestelelectrique.be

Très tendance: la trottinette électrique

Se déplacer en trottinette, une honte? Pas du tout... Dans les grandes villes, on en croise de plus en plus. Des modèles colorés, design et surtout... électriques! Un système de location en libre-service (type Villo! à Bruxelles) vient d’ailleurs d’être développé à Paris par une entreprise américaine. A l’achat, les modèles d’entrée de gamme commencent autour de 300 euros. En moyenne, une trottinette électrique pèse environ 12 kg, a entre 25 et 30 km d’autonomie et les modèles les plus performants peuvent rouler jusqu’à 30 km/h. Atout supplémentaire: on la plie et on la range facilement, ce qui évite de devoir la laisser dans la rue comme les vélos.