Participation aussi forte à Bruxelles et en brabant wallon

Nous voulons que chacun contribue aux efforts. Selon sa capacité contributive et ses moyens. Pas en appauvrissant davantage les ménages moyens et en présentant l’addition aux seuls travailleurs. Pas en oubliant ceux qui sont déjà préservés depuis des années!
Les actions organisées en front commun syndical doivent inciter le gouvernement fédéral à prendre les syndicats au sérieux et changer de cap. Retrouvez ci-dessous le compte rendu des actions organisées à Bruxelles et en brabant wallon ce lundi 8 décembre.

Bruxelles considérablement ralentie

Bruxelles, ce lundi, est très calme. Pas un véhicule de la Stib (bus, métro et tram) n’est sorti du dépôt. De grandes banderoles expliquent clairement les raisons de l’action: une opposition déterminée aux mesures injustes du gouvernement et, en particulier, au saut d’index. Dans les gares, c’est le silence, pas un train ne roule aujourd’hui. Et des barrages filtrants ont ralenti le trafic aux entrées de la ville. Brucargo était également à l’arrêt dès le petit matin. 
«Tout se passe globalement bien. La mobilisation est très forte. Si la capitale n’est pas complètement à l’arrêt, elle est quand même considérablement ralentie, affirme Philippe Vansnick, secrétaire fédéral adjoint de la CSC Bruxelles-Hal-Vilvorde. Il y a eu ici et là des personnes énervées qui haussaient le ton, mais rien de significatif. En général, l’accueil est plutôt bon.» 
C’était le cas, par exemple, dans la rue Neuve où, dès le matin, des piquets ont empêché les camions d’entrer effectuer les livraisons. «Des vendeuses sont spontanément venues vers nous en expliquant qu’elles sont solidaires de l’action car les mesures du gouvernement sont injustes, mais qu’elles ne peuvent faire grève car il n’y a pas de délégation syndicale dans leur entreprise. Et elles ont alors demandé aux syndicalistes présents de faire fermer les boutiques…» explique un militant. 
Dans la rue, la compagnie théâtrale Arsenic assure une animation à la fois ludique et engagée. Les militants de «Hart Boven Hard» (Mouvement de mobilisation citoyen contre les mesures prises par les gouvernement fédéral et flamand) circulent à vélo d’un piquet à l’autre pour exprimer leur soutien actif. Les artistes qui ont rallié ce mouvement proposent un concert au Beursschouwburg (rue Orts, dans le centre-ville) en début d’après-midi. Tous les affiliés et militants y sont invités, et Marc Leemans, président de la CSC, va y prendre la parole.  
La mobilisation est très forte dans l’industrie: la grève est totale chez Caterpillar, Vanhecke, Audi, Auto Vision où les militants et affiliés présents au piquet ont reçu la visite et le soutien du président de la CSC, Marc Leemans. La distribution n’est pas en reste, et les grands magasins ont gardé portes closes. D’autres secteurs, comme celui des banques et assurances, sont également sur le pont et fortement engagés dans l’action. C’est le cas, par exemple, chez AG Insurance et chez Belfius. Dans le non marchand aussi, la grève est fortement suivie. Il faut dire que, dans les maisons de repos et de soins notamment, les travailleurs (souvent des travailleuses) imaginent mal comment elles pourront assurer leurs fonctions à l’âge de 67 ans! Même mobilisation et même motif d’indignation dans le secteur des agents de gardiennage et en particulier chez G4s.
Dans les administrations publiques, le mot d’ordre de grève est également très bien suivi. Beaucoup d’écoles ont suspendu les cours, mais assurent un accueil aux élèves présents. 
Les patrons flamands veulent volontiers faire croire que, chez eux, on travaille. Ce n’est en tout cas pas ce qui se passe à Hal où la mobilisation est très forte. Dès le matin, une centaine de personnes étaient présentes au Rond-Point. 
Pointons la chaîne de radio et télévision privée VTM qui s’est tristement singularisée en faisant appel à des huissiers pour imposer des astreintes au piquet de grève. C’est toutefois le seul cas de ce genre répertorié jusqu’ici.

Brabant wallon: chasse aux fantômes du néolibéralisme

En Brabant wallon, fief des libéraux, la motivation est particulièrement forte ce lundi. Dès le petit matin, les syndicalistes ont bloqué les zonings de Wavre-Nord, Saintes, Wauthier-Braine, Nivelles-Nord ainsi que le zoning Sud. Le shopping de Nivelles quant à lui a décidé de lui-même de fermer tous ses magasins. De très nombreuses entreprises sont à l’arrêt. Citons notamment Sagrex à Quenast, Rossel (avec néanmoins un accord pour maintenir l’impression du journal), L’Oréal, Allibert, Sabert, Bea Printing et APN à Nivelles. A Wauthier-Braine, les entreprises Lonza et Cenexi sont fermées et des piquets installés chez Oscar Daffe, Impression, Asphalis, Axedis. A Corroy, des piquets de la CSC-BIE sont en place chez Fotocom, De Boeck, Omnichem et Firmenich. Pour leur part, les militants de la CSC METEA ont installé des piquets chez Twin Disc, Wendt Boart, Gunco, TD Wiliamson, NLMK Clabecq, Fabricom Infrasud. Père et Mère Noël METEA ont apporter des cadeaux appréciés: pas de confiseries dans leurs hottes, mais bien de l’index, du crédit temps, des RCC, des pensions et surtout, de la liberté de négociation! Leur présence a réchauffé l’ambiance froide de ce matin de décembre. 
Wavre, chef-lieu de la jeune province, et ville où le Premier ministre, Charles Michel, est encore bourgmestre empêché est la cible de toutes les attentions. Dans la matinée, des militants et affiliés des services publics s’y sont retrouvés pour établir un «mur de la honte» symbolique devant la maison communale.  
En début d’après-midi, affiliés et militants se sont retrouvés, place Bosch, pour un grand rassemblement en front commun syndical en présence d’Anne Léonard, secrétaire nationale de la CSC. Plusieurs militants ont illustré avec verve la campagne de la CSC, «Un plat de misère», en présentant quelques scènes de théâtre action: licenciés suite à une restructuration massive d’une grande entreprise pharmaceutique du BW, Edgar, Philomène, Clotilde et Youssef décident de créer leur propre entreprise dans les activités paranormales! Ainsi, ils échapperont à la dégressivité, aux travail d’intérêt général, au saut d’index… Et, coup de bol pour ces futurs patrons, la mise en place d’un gouvernement «à droite toute» leur ouvre des perspectives: contrôler la disponibilité des chômeurs de 65 ans, limiter davantage encore l’octroi d’allocations d’insertion, réclamer un plan d’intégration pour les invalides et bien sûr ne pas toucher aux revenus du capital. Pas de doute, cette mission défie les limites du réel et nécessite l’intervention de professionnels! Ils se mettent donc en chasse des fantômes du néolibéralisme dont une soignante de 67 ans qui porte un patient de 80 kilos, une ouvrière de 49 ans qui, épuisée, voudrait réduire son temps de travail mais doit attendre 60 ans puisque le crédit-temps sans motif est supprimé, un chômeur oisquercquois obligé d’accepter un CDD mi-temps dans le zoning de Perwez alors qu’il n’a pas d’auto et qu’il n’y a plus de transports en commun… Pour faire face aux mesures inéquitables et injustes du gouvernement Michel, pas d’autre solution que «Ghostbusters»! 
La fable est plaisante, mais le message est très sérieux. «Notre présence à Wavre n’est pas anodine. Vu les mesures qui se profilent, Charles Michel semble ignorer la réalité du monde du travail et les difficultés vécues par les allocataires sociaux, souligne d’ailleurs Giorgio Cocco, président de la CSC du Brabant wallon. Ceux qui imaginent que le Brabant wallon est une Wallifornie où l’argent coule à flots, où il suffit de se baisser pour trouver du travail, où la décapotable avec siège en coton bio est la norme, ceux-là connaissent bien mal la réalité quotidienne des travailleurs et travailleuses de notre province. Charles Michel est l’un d’eux! Défendre, comme il le fait, des mesures d’appauvrissement de la population, n’est en aucun cas un projet de société valable. Le combat que nous menons en vaut largement la peine. Ce ne sont pas les alternatives qui manquent, mais bien la volonté de mettre en œuvre des réformes justes et équitables

Discours de Anne Léonard à Wavre ce lundi 8 décembre (1ère partie)

Discours de Anne Léonard à Wavre ce lundi 8 décembre (2eme partie)

Un lundi pas ordinaire

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