Les actions organisées en Hainaut et Luxembourg

Cette première journée d'action de grève régionale est un véritable succès!  Tous les secteurs des régions concernées se sont mobilisés.
Découvrez ci-dessous un compte rendu des actions menées en province de Hainaut et Luxembourg. 

Hainaut occidental: objectifs largement dépassés

Le succès de la mobilisation a dépassé toutes les attentes. «Pour la première fois dans l’histoire de nos mouvements respectifs, nous avons mobilisé et distribué des tracts en front commun. Et le plan de bataille que nous avons élaboré ensemble a été non seulement suivi, mais il a dépassé ce que nous escomptions» se réjouit Michel Dorchies, secrétaire fédéral de la CSC-Hainaut occidental. Et, en effet, tout est à l’arrêt en Wallonie picarde! Les industries bien sûr, mais aussi les administrations communales et CPAS, l’enseignement, le non marchand, les centres commerciaux de Mouscron et ceux de Tournai…
Dès 3h45, ce lundi matin, des piquets bloquaient le zoning de Comines et les deux zonings de Mouscron, le Portemont et La Martinoire, de même que le zoning de Ghislenghien. A Tournai Ouest, les zonings 1 et 2 étaient bloqués eux aussi et les chauffeurs qui venaient de l’étranger étaient immobilisés. 
D’autres entreprises sont également restées étrangement silencieuses: tout le secteur agro-alimentaire de Mouscron, les entreprises Baxter, Lutosa, les carrières, les cimenteries… «Tout s’est passé dans le calme mis à part un petit incident à Comines où une entreprise d’horticulture a exercé une énorme pression pour faire entrer intérimaires et saisonniers. L’employeur craignait de perdre de la matière première. Nous avons dialogué avec lui et trouvé une solution pour respecter la grève sans qu’il doive supporter de pertes. S’il avait dialogué dès le départ avec la délégation syndicale, il n’y aurait pas eu d’incident du tout» explique Michel Dorchies.   
A noter, la mobilisation particulièrement intense des enseignants. Après avoir fait l’entrée des écoles, 250 enseignants grévistes ont renforcé les piquets devant certains zonings. Ils ont mené une sensibilisation très active, et on sait déjà que toutes les écoles seront fermées le 15 décembre prochain.

Mons - La Louvière à l'arrêt

«Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu!» C’est sous cette phrase de mobilisation déterminée de Bertold Brecht que la CSC Mons-La Louvière a placé son action de ce lundi 24 novembre. Affiliés et militants s’y sont largement reconnus, car Mons-La Louvière est globalement à l’arrêt ce lundi. 
Citons notamment le parc industriel de Frameries-Crachet où les militants ont reçu le soutien de Marc Becker, secrétaire national, le zoning de Seneffe, celui de Strépy. Rien ne bouge au centre commercial de La Bouverie, pas plus qu’à La Rivierette à St Ghislain ou au complexe commercial d’Hyon-Ciply, ou au shopping Cora de Hornu.
Dès les premières heures de la matinée, la CSC-Transcom a empêché l’accès aux gares de Mons et de La Louvière où d’ailleurs quasi personne ne se présentait… Pas un bus n’est sorti des dépôts du Tec. 
Un piquet bloque la Fucam. Les portes de Doosan sont restées fermées de même que les carrières et les cimenteries et les centrales à béton. Chez Durobor et MD verre, tout le monde est également en grève et seuls les travailleurs nécessaires au maintien de l’outil sont entrés ce lundi matin. Toutes les entreprises de la zone Baudour, Tertre et Ghlin ont d’ailleurs gardé les portes closes. 
«Nous avons rencontré énormément de monde sur les piquets et dans nos déplacements. Et nous avons vraiment senti un mouvement de sympathie et de soutien, ce qui n’est pas toujours le cas. Cette fois, des gens venaient spontanément nous dire que nous avons raison et qu’ils sont solidaires même si, travaillant dans une petite structure où les pressions sont énormes, ils ne peuvent pas se joindre à l’action, explique Jean-Marc Urbain, secrétaire fédéral de la CSC-Mons-La Louvière. Quelques énergumènes se sont énervés aux piquets et certains ont même voulu les forcer. Nous déplorons un blessé parmi nos militants. Mais ces gens-là sont vraiment une minorité.» Le secrétaire fédéral rend également hommage aux policiers: «Ils ont fait leur boulot, maintenant l’ordre et la discipline, mais ils l’ont fait avec de manière très correcte, avec courtoisie et respect. Et cela instaure évidemment une ambiance positive

Charleroi ville morte

Dès le petit matin, les locaux de la CSC Charleroi-Sambre et Meuse, rue Prunieau, connaissent l’activité des grands jours. En effet, c’est là que le front commun syndical a établi son QG. Les vestes vertes, rouges et bleues se rassemblent, les piquets sont organisés et répartis entre les différents zonings et entreprises. Et cela se passe très bien, car la région est littéralement à l’arrêt. 
Tous les zonings de la région sont fermés: Fleurus, Montigny, Sonaca, Jumet. Trois cents militants se rejoignent à l’entrée et aux alentours du zoning Aéropole où les militants de Caterpillar reçoivent la visite et le soutien de la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska. Elle se rend également aux piquets placés devant le Palais de Justice, dans la galerie commerciale Ville 2 et dans le centre commercial du Cora. Partout, l’ambiance est bon enfant, mais les délégués et travailleurs présents sont motivés et déterminés. 
Tout le secteur du commerce est fermé, et restera fermé durant toute la journée, y compris les magasins Colruyt et des magasins  franchisés, ce qui est exceptionnel. Dans le secteur des Finances, Axa et AG sont fermés, et cela aussi c’est tout simplement historique! 
Le Tec est à l’arrêt partout. Aucun train ne part et le trafic ferroviaire est à l’arrêt. A l’aéroport, les voyageurs sont invités à laisser leur véhicule dans un parking extérieur et à rejoindre l’aéroport à pied. Des policiers s’improvisent taximen pour aider les familles avec de petits enfants et les personnes à mobilité réduite…  
De très nombreuses entreprises ont gardé les portes closes dont l’Atelier 2000, Helio, Splifar, Entra, AGC Lodelinsart, Metalgroup, Ores… Les hôpitaux de la région travaillent en service minimum et le GHDC est en service réduit. Dans les maisons de repos les délégués font de la sensibilisation. Beaucoup d’écoles sont fermées elles aussi. 
Visiblement les travailleurs ont tenu à respecter le mot d'ordre et sont restés chez eux, ou bien viennent renforcer les piquets. «La grève est tout à fait réussie. Charleroi est littéralement ville morte. Les rues sont quasi vides. Si l’on faisait grève un peu plus souvent, il n’y aurait plus aucun problème d’embouteillage, sourit Chantal Doffiny, la secrétaire fédérale.Jusqu’ici, on ne me signale la présence d’aucun huissier et aucun incident. C’est une excellente répétition pour la grève générale du 15 décembre prochain.»

Le Luxembourg refuse l'austérité

Le Luxembourg a toujours une ardeur d’avance et, ce lundi, il a placé toute son ardeur dans la mobilisation contre les mesures d’austérité. La grève est un succès partout.
Portes closes
Dans le commerce, les magasins sont fermés. Rien ne bouge chez Carrefour Marche et Arlon, chez Ikéa, Aldi, Lidl, Colruyt et Delhaize. Le Brico Plan It de Messancy est fermé. Les différentes zones commerciales (« Brantano» et «Pirire» à Marche, «Cora» et «Outlet» à Messancy, «Point Carré» à Recogne et «Hydrion» à Arlon) sont fermées.     
Le mot d’ordre est respecté dans toute l’industrie: les portes sont closes chez Ter Beke à Marche, L’Oréal à Recogne, Magolux et Ampacet à Messancy et dans la Zone d'activités, AGC et Fédéral Mogul à Aubange, chez Ferrero à Arlon et dans la zone d’activités, chez Burgo à Virton, chez Ores et dans la zone d’activités de Aye, chez Bel’Air, Beldico, Autover à Bastogne, dans la zone d’activités de Bertrix avec Pierret System, Saupont et Cézam. Sont partiellement fermées les entreprises Thomas & Piron, Jindall, Stalbois, Découpe Bois, et Fruytier.
Le secteur public n’est pas en reste. Le personnel non roulant de la SNCB se croise les bras, de même que celui de la Poste d’Arlon, de Libramont et de Marche. La grève est également respectée chez Belgacom, au TEC, chez Penning (à l’exception du transport scolaire), chez Forem Conseil et Forem Formation.
Les travailleurs observent la consigne aussi à la crèche communale de Marche et dans les prisons de Marche, Arlon et Saint-Hubert où un service minimum est assuré, à l’Onem, au SPW d’Arlon, à l’administration communale et au CPAS de Virton ainsi qu’au SAJ de Neufchâteau.
Le non marchand est également de la partie. C’est la grève aux Mutualités chrétiennes, chez ADMR, à l’ASD Aides familiales et OAFL. Plusieurs institutions ont opté pour une sensibilisation à la grève du 15 décembre prochain; c’est le cas à la résidence Mathelin à Messancy, dans tous les sites de Vivalia, à l’ASD Croix Jaune et Blanche.
Enfin, la mobilisation est forte dans l’enseignement aussi, en particulier au pôle d'enseignement de Bastogne et au pôle d’enseignement de Virton. Tous les réseaux sont concernés par l’action. Mais partout l’accueil des élèves est néanmoins assuré. 
Un festin et un bûcher
A midi, le front commun syndical a organisé, sur la place Léopold à Arlon, une grande concentration de travailleurs, de demandeurs d’emploi, de citoyens et d’associations.  Plusieurs centaines de militants venus par bus de Marche, Vielsalm, Bastogne, St Hubert, Libramont, Bouillon et Virton s’y sont retrouvés avec les Arlonnais. Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, et Marc Goblet, son homologue de la FGTB, étaient présents. Tous ont participé au «festin» composé de soupe, d’un quignon de pain et d’une pomme… Les effigies du Premier ministre, Charles Michel, et de l’administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans, ont été brûlées sur un vaste bûcher. L’un «parce que son gouvernement casse la sécurité sociale solidaire et impose un modèle libéral, un modèle d’égoïsme dont les travailleurs et les allocataires sociaux ne veulent pas et que son parti, le MR, a fait le choix d’être de ce gouvernement fossoyeur de la Belgique» et l’autre «parce que son organisation, la FEB, a voulu être le 15e ministre de ce gouvernement fédéral» ainsi que l’a expliqué le secrétaire fédéral de la CSC-Luxembourg, Bruno Antoine, dans son intervention. 
Les responsables luxembourgeois des deux organisations syndicales avaient également invité Christine Mahy du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté à prendre la parole durant le rassemblement. «Nous voulions donner un écho à la voix de ceux qui sont encore plus mal lotis que nous» a souligné Bruno Antoine. Se félicitant du succès de la mobilisation, le secrétaire fédéral a conclu: «Aujourd’hui, nous sommes dans le round d’échauffement… et la marmite va bouillir le 15 décembre, jour de grève nationale. Ensemble, nous avons raison. Ensemble, nous savons nous battre. Ensemble, nous gagnerons».

Un lundi pas ordinaire

Suivez la journée de Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, avec les militants et délégués à l'occasion de l'action de grève de ce lundi 24 novembre.
En savoir plus