Un pendu, dix de retrouvés

Après les promesses électorales, il est urgent d’agir. Ce mercredi 11 juin, environ un millier de militants de la CSC ont manifesté dans les rues de Mons pour exiger le retrait des mesures anti-chômeurs et anti-jeunes prises sous la dernière législature. Un message très clair aux prochains gouvernements.
Non à la généralisation des petits boulots précaires pour les jeunes
Après une très symbolique ‘vente aux enchères de jeunes esclaves’ devant le siège montois du Forem, Ludovic Voet, permanent Jeunes CSC, a dénoncé la mise en concurrence toujours plus forte entre jobistes étudiants et jeunes demandeurs d’emploi, intérimaires et stagiaires, sans diplômes et surqualifiés… Il a aussi pointé du doigt les ‘cadeaux’ faits aux entreprises. 
Exemple: les stages de transition créés en 2012 par la ministre De Coninck pour les jeunes diplômés. Ces stages de 3 à 6 mois – durant lesquels le jeune perçoit des allocations d’insertion - coûtent 1,25 euros/h à l’employeur (200 euros par mois). Tout bénef pour les entreprises et seulement l’équivalent d’un pourboire pour le jeune ! Pour nous, un stage de 38h en entreprise pendant 6 mois n’est pas un stage, c’est un emploi CDD. Or, ici, pas de cotisations patronales à payer par l’entreprise, pas de prise en compte de cette expérience de travail pour l’ouverture aux droits des allocations de chômage, ni pour la pension, ni pour les soins de santé,…’.
Cette main-d’œuvre quasi gratuite n’est qu’un exemple de la multiplication des emplois ‘low-cost’ qui tirent vers le bas tous les travailleurs. Tony Action TSE Mons 2Demonte, secrétaire général adjoint de la Centrale Nationale des Employés et vice-président de la CSC Wallonne : "Tous les jours, des affiliés viennent nous dire qu’on leur fait sentir sur leur lieu de travail qu’ils coûtent plus cher et qu’ils sont moins flexibles que le petit jeune intérimaire ou jobiste ou Activa qui est prêt à tout accepter pour garder sa place, y compris des heures supplémentaires non payées. Ou encore, que si ils ne sont pas contents, il y en a dix qui attendent devant la porte…". Aux actifs, il a lancé un message: "Mobilisez-vous avec les sans emploi pour conserver des allocations de chômage correctes. C’est en se battant ensemble qu’on a construit la sécurité sociale. C’est ensemble que nous devons la protéger". 
Devant le siège de l’Onem, Jean-Christophe Vancoppenolle de la CSC Services Publics a évoqué les conditions de travail des agents chargés du contrôle des demandeurs d’emploi. "Il ne faut pas se tromper de cible, ce ne sont pas les agents qu’il faut blâmer, mais bien la politique de l’Onem, qui est devenue une politique d’exclusion. Et ce, d’autant que les normes de travail deviennent démentes. Les agents doivent convoquer 14 personnes par jour. Si tous sont présents, il est rigoureusement impossible d’effectuer un travail de qualité".
Comme dans les vieux westerns, un chômeur a été pendu ‘haut et court’ sur la Grand-Place pendant qu’un sosie du Premier Ministre officiait aux côtés du bourreau. Jean-Marc Urbain, secrétaire fédéral de la CSC Mons–La Louvière, a ensuite clôturé la manifestation en demandant aux politiques, au nom de la CSC, de traduire en actes les promesses de campagne et de faire de la création d’emplois convenables et de qualité leur priorité numéro 1.