Les pensions: une longue histoire et d’importants défis

CSC Seniors
La CSC-Seniors entame un plan d’action en bonne et due forme pour préserver et consolider les pensions, un système qui a mis fin à l’ancienne équation «vieillesse égale misère». 
«La plupart d’entre nous sont déjà pensionnés. Alors, pourquoi consacrer notre vingtième université de printemps aux pensions? Tout simplement parce qu’à l’heure où il fête ses septante ans, notre système actuel de sécurité sociale est menacé par l’actuel gouvernement fédéral. Notre système de pension a cassé la vieille équation selon laquelle vieillesse égale misère. Pourtant, au lieu de l’améliorer, la coalition kamikaze n’hésite pas à s’y attaquer de diverses manières. En reculant l’âge de la pension, en activant les aînés et les personnes en RCC (ex-prépension). Tout le monde en souffre: les aînés bien sûr, mais aussi les jeunes qui voient reculer les possibilités d’entrer sur le marché de l’emploi. Le gouvernement organise la concurrence entre les groupes d’âge pour le plus grand bénéfice des employeurs» explique Jeannine Martin, présidente de la CSC-Seniors, en ouverture de la vingtième université de printemps (UP) des aînés de la CSC. Et les aînés de la CSC n’entendent pas laisser faire le gouvernement. 
La CSC-Seniors entame ainsi un plan de travail en plusieurs étapes: une journée d’information, une journée de formation des animateurs, un temps de travail en groupe fédéral et, le 14 octobre prochain, la présentation du manifeste sur les pensions, élaboré sur base de ces travaux. On ne peut élaborer de bonnes propositions que si l’on maîtrise bien le dossier et celui des pensions est complexe. L’UP est donc dédiée à l’information. 
Les pensions, ce sont trois régimes distincts -celui des salariés, celui des indépendants et celui des fonctionnaires- et «la volonté de l’Office national des pensions (ONP) d’aller vers davantage de synergie. Cela sera plus simple pour les citoyens, surtout en cas de carrière mixte, et moins coûteux pour l’Etat» note Dominique Lemaire, directeur général du service Attributions de l’ONP.
Ce sont aussi trois piliers: le premier, celui des pensions légales, est alimenté par les cotisations sociales des travailleurs et des employeurs et une intervention de l’Etat. Le second est conventionnel, ce sont les assurances groupes. Le troisième est celui des assurances privées avec avantage fiscal et de l’épargne pension. «La CSC a toujours accordé priorité absolue au premier pilier et défendu sa gestion paritaire. Durant des années, elle a souligné la nécessité de diminuer la dette publique pour dégager des marges. Elle a aussi soutenu le développement d’un second pilier social, bien encadré» rappelle Marcel Savoye, secrétaire national honoraire de la CSC. Aujourd’hui, les pensions sont-elles devenues impayables? Non, affirme-t-il et Gilbert De Swert, chef honoraire du service d’études de la CSC, mais il faut le vouloir et prendre les bonnes mesures. D’autres pays l’ont déjà fait. La CSC-Seniors fera bientôt connaître ses propositions.  

Témoignage de Jeannine Bury

Jeannine Bury: « Heureusement, je suis en bonne santé »     
Toujours militante à 80 ans, Jeannine Bury a accepté de témoigner de la réalité de sa vie quotidienne de pensionnée. Pas sur le ton de la plainte, ce n’est pas son style. Mais en constatant simplement qu’elle n’est pas très bien payée d’une vie de travail au service de la collectivité.
«Il y a beaucoup de cinq dans les chiffres de ma vie, sourit-elle. 1935: ma naissance, 1955: le début de ma vie professionnelle et 1995: mon départ à la pension. J’ai commencé une carrière d’aide familiale, en 1955. On travaillait 48 heures/semaine pour un salaire équivalent à 0,37 euros/l’heure. Les formations étaient obligatoires, mais pas rémunérées… Inutile de dire que je ne pouvais pas payer un loyer et habitais chez mes parents. J’ai terminé ma carrière en 1995. Nous étions passées aux 38 heures/semaine et je gagnais 8,51 euros/l’heure. De quoi vivre, mais sans possibilité de mettre de l’argent de côté. Aujourd’hui, heureusement, je suis en bonne santé. Je consacre quand même 25 euros/mois en soins de santé. Quand j’ai payé mon loyer, le mazout, l’eau et l’électricité, l’assurance et la cotisation à la mutualité, il me reste 415 euros pour l’alimentation, les déplacements, les activités, les cadeaux… Alors je fais du repassage pour compléter. Si ma santé déclinait, comment pourrais-je payer une chambre dans une maison de repos? Bien sûr, le CPAS compléterait. Mais après toute une vie de travail, c’est pénible de devoir recourir au CPAS. Toute ma vie, j’ai travaillé dans le secteur de l’aide aux personnes. C’est grâce aux combats syndicaux que ce travail a été peu à peu reconnu comme une véritable activité professionnelle. Il faut continuer à se battre pour une pension décente, à un âge décent.» 
Travailler jusque 67 ans? Pour la CSC, il n’en est pas question. La CSC-Seniors de Mons-Louvière s’inscrit, avec toute la fédération, dans le plan d’action global de la CSC et elle a imaginé de montrer ce que cela signifie concrètement de laisser des personnes âgées au travail. Ses militants ont donc revêtu leur ancienne tenue de travail et retrouvé, face à l’objectif, les gestes accomplis des années durant. 
Première photo de la série, celle de Daniel, facteur de 67 ans. Viendront ensuite un maître-nageur de 66 ans à la piscine avec des enfants, une infirmière de 67 ans travaillant en maison de repos, un chauffeur poids lourd de 66 ans, des travailleurs de la construction de 67 ans,… «Utiliser la photo permet de se rendre compte de l’absurdité de certaines mesures, remarque Vincent Ancora, président des seniors de la CSC-Mons-La-Louvière. Est-ce vraiment ce que l’on veut?».

Les Seniors CSC et les pensions. Réaction de Jeannine Martin, présidente