Si nous pensions aux femmes?

Pension
Dans notre pays, 32 % des hommes et 58% des femmes ont une pension inférieure à mille euros. La CSC veut de meilleures pensions légales pour tous, et une prise en considération de l’égalité dans les pensions. 
«Le montant de la pension, la durée de la carrière et les interruptions de carrière des femmes, le temps partiel et les contrats précaires, le reconnaissance de la pénibilité du travail des femmes et l’accès à la pension anticipée et le recul de l’âge de la pension sont cinq points d’attention, cinq balises que la CSC veut voir prendre en compte lors des travaux relatifs à la réforme des pensions» affirme Anne Léonard, secrétaire nationale en charge du dossier des Pensions. Elle sera l’un des représentants de la CSC au Comité national des pensions (CNP). 
Le gouvernement fédéral parle de ce comité depuis des mois… Sa création a été décidée par la loi du 13 mai 2015. Il a été installé de manière protocolaire le 26 juin dernier. Mais les travaux ne débuteront qu’à la rentrée. Le gouvernement l’a chargé de traiter en priorité les dossiers des métiers lourds et des pensions partielles. Entretemps, il tente de faire passer en force au Parlement le recul de l’âge de la pension à 67 ans… 

Priorité aux pensions légales

Le CNP comprend huit représentants des syndicats (3 CSC, 3 FGTB, 2 CGSLB), huit des employeurs et huit du gouvernement. «Notre priorité absolue va au maintien et au renforcement des pensions légales, à la revalorisation des pensions minimums et à la garantie de la liaison au bien-être, à un calcul du plafond salarial sur l’ensemble de la carrière (et non année par année), à un financement des pensions réfléchi dans le cadre global de la sécurité sociale, explique Anne Léonard. Et en ce qui concerne la politique de maintien à l’emploi des travailleurs âgés nous nous inscrivons dans une philosophie globale d’accompagnement des travailleurs en entreprise et de création d’emplois, y compris pour les jeunes.» 
Constatant que les gouvernements successifs n’ont accordé aucune place à l’analyse de l’égalité de genre dans ce dossier, la CSC veut rectifier cette omission. Dans notre pays, l’écart salarial entre hommes et femmes s’élève à 32%! Or le montant du salaire a des répercussions sur le montant de la pension légale.

Carrière complète et assimilations

Dans notre pays, une carrière complète, c’est 45 ans. Une des plus longues en Europe! Or la durée de carrière moyenne des femmes en Belgique est de 35 ans. En effet, elles recourent plus que les hommes aux interruptions de carrière et aux diminutions du temps de travail. Mais, même dites «volontaires», ces situations sont liées à ce que ce sont surtout les femmes qui prennent en charge les tâches familiales, les soins aux enfants, aux parents âgés, aux personnes malades dans leur entourage… «Les assimilations des périodes d’inactivité constituent un rempart contre la pauvreté des femmes. Il ne faut ni les restreindre, ni les supprimer, souligne Anne Léonard. Et les temps partiels involontaires, imposés par l’employeur, eux aussi concernent surtout les femmes (dans les secteurs du nettoyage, de la distribution, etc.) Celles-ci sont également très nombreuses aussi dans les stages, emplois temporaires, CDD, etc. Or «temps partiel et emplois précaires entraînent des pensions précaires» rappelle la secrétaire nationale.    

Pénibilité du travail

Autre dossier prioritaire pour la CSC, la pénibilité du travail. Il concerne les hommes, mais aussi les femmes – ce que l’on a tendance à oublier. Les métiers considérés comme «pénibles» aujourd’hui sont essentiellement des métiers industriels. Or les positions inconfortables, le poids de charges, l’usure du corps ne sont plus à prouver dans le nettoyage, le travail des aides-familiales et aides-ménagères, l’accueil de la petite enfance, etc. La CSC suggère donc de définir des critères génériques, objectivables et équitables plutôt que de constituer une trop longue liste de métiers lourds. Et, bien sûr, elle s’oppose au recul de l’âge de la pension. 
La CSC a décidé de consulter toutes ses organisations sur ces différents dossiers. Sur cette base, elle arrêtera ses positions définitives lors de son conseil général du 6 octobre prochain.