Fédération Wallonie-Bruxelles:140 millions d’économies

économie
Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a clôturé son budget 2015. Il prévoit un effort budgétaire de 140 millions d’euros en 2015 et il annonce diverses mesures d’économies pour atteindre cet objectif. Comme le gouvernement wallon, le nouvel exécutif PS-CDH veut atteindre l’équilibre budgétaire en 2018. Il affirme vouloir le faire «de manière juste, solidaire et socialement responsable». Ainsi, le ministre-président, Rudy Demotte, a renouvelé l’engagement du gouvernement d’engager 750 nouveaux enseignants durant la législature pour promouvoir la remédiation dans les écoles. Il annonce aussi, pour 2016, un refinancement de l’enseignement supérieur à hauteur de cent millions d’euros. 
Au sein de certains organismes d’intérêt public (OIP), notamment la RTBF, le gouvernement annonce des restrictions budgétaires pour un montant de dix millions d’euros. S’y ajoutent 17 millions d’euros d’économies sur les dépenses dites facultatives (1) et 14,5 millions en charge de la dette. Comme la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles ne remplacera plus qu’un fonctionnaire sur cinq. La mesure ne touche pas l’enseignement. Le gouvernement prévoit aussi la réduction des frais de fonctionnement des cabinets ministériels et la non indexation d’une série de frais de fonctionnement au sein de l’administration. 
Le budget global de la culture (en dehors des infrastructures culturelles) est relativement épargné. L’effort budgétaire du secteur pour 2015 consiste en une diminution de 1%  des subventions des conventions et contrats-programmes (au lieu des 3,5% initialement prévus). La création artistique, les initiatives «culture-école» et le théâtre jeunes publics font l’objet d’investissements. La dotation pour Mons 2015 est en augmentation de 4,4 millions. 

Dans le secteur de la petite enfance, le gouvernement annonce une augmentation de 1,7% du budget de l’ONE, ce qui représente 349 millions au budget initial 2015 (c’est-à-dire avant les ajustements éventuels), incluant les nouveaux montants liés aux transferts de compétences. En effet, les compétences du Fesc (Fonds des équipements et services collectifs) passent à l’ONE et le gouvernement prévoit un montant de 34,80 millions pour développer diverses formes d’accueil (accueil flexible, suivi des enfants malades, cas d’urgence et activités extrascolaires).
Il confirme le respect du plan Cigogne avec la création de 3.400 nouvelles places en crèche, mais en 2018 seulement. Dans le cadre des consultations prénatales, 160.000 euros doivent être affectés à un meilleur soutien à la parentalité. Le budget des services liés au Service d’accueil spécialisé (Saspe) est augmenté pour mieux répondre à la situation des enfants en situation précaire.  
(1) Les dépenses obligatoires sont celles dont l’exécution résulte d’obligations ou d’engagements de toute nature et qui doivent faire l’objet d’une inscription d’un crédit au budget. Les dépenses facultatives sont celles que l’exécutif inscrit de son plein gré à son budget sans avoir aucune obligation d’utilisation de ces crédits.

Une marge pour l’an prochain

A politique inchangée, le déficit de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’élève à 362 millions d’euros: 138,2 millions de contribution à l’effort d’assainissement de l’Etat, ralentissement de la croissance avec une perte de recettes évaluée à cent millions, et un impact de 38 millions suite à aux requalifications effectuées par l’Europe. Avec des économies de 140 millions d’euros en 2015, il reste un déficit de 170 millions à financer d’ici 2018.
La Fédération Wallonie-Bruxelles se trouve donc relativement en meilleure posture que la Wallonie. D’abord, les clés de répartition de la loi spéciale de financement (liée aux transferts de compétences) lui sont plutôt moins défavorables qu’à la Wallonie. Ensuite, elle souffre beaucoup moins des nouvelles règles comptables européennes. Enfin, le saut d’index décidé par le fédéral lui permettrait d’économiser un peu moins de cent millions d’euros sur base annuelle, dont 77 millions rien que dans l’enseignement. «Cela lui laisse une marge de manœuvre non négligeable pour les ajustements budgétaires de l’an prochain» remarque la CSC.