Tous unis contre le racisme

Le dimanche 24 mars, les Travailleurs Sans Emploi de la CSC, les Migrants CSC et le service Diversité tenaient un stand lors de la manifestation contre le racisme à Bruxelles.  
Il suffit de consulter le Monitoring socio-économique réalisé par le SPF Emploi et Unia pour prendre conscience d’une réalité révoltante : encore aujourd’hui, le racisme s’invite sur le marché de l’emploi. La discrimination à l’embauche laisse de nombreuses personnes d’origine étrangère sur le côté. On observe d’ailleurs une ethnostratification du marché, c’est-à-dire que les personnes d’origine étrangère, même nées en Belgique,  vont occuper les emplois fragiles, précaires, éreintants et faiblement rémunérés, tandis que les « belgo-belges » accèderont aux emplois plus intellectualisés, stables et agréables. Selon ce monitoring, près d’une femme étrangère sur deux que l’on croise dans la rue est susceptible de travailler dans les titres-services. Par ailleurs, si les « belgo-belges » travaillent en intérim jusqu’à 20-25 ans, on y retrouvera encore des personnes d’origine étrangère de plus de 40 ans, contraintes à s’adapter aux offres ponctuelles, tributaires d’un marché du travail instable et incapables, du fait de la précarité de leur emploi, de mener des projets à long terme tel qu’un achat immobilier. 

Exploitation des travailleurs migrants

La manifestation du 24 mars, qui a rassemblé plus de 5000 personnes dans les rues de Bruxelles, visait à dénoncer l’immoralité  du racisme, à sensibiliser les citoyens à  l’intérêt collectif de se montrer unis sur cette question et à réclamer l’égalité de traitement pour toutes et tous. Dans un contexte de politiques de droite, hostiles envers les migrants et se faisant la caisse de résonnance des peurs collectives, le rejet de l’autre, le racisme et la xénophobie sont plus que jamais attisés. Un contexte qui ne facilite pas la (sur)vie de nombre des 100.000 sans-papiers présents en Belgique, qui travaillent dans l’ombre et dans la peur d’être arrêtés et rapatriés dans leur pays. La majorité d’entre eux sont exploités, sous-payés par des employeurs sans scrupules voire, parfois, victimes de harcèlement moral ou sexuel, de coups et intimidations. Pourtant les travailleurs sans-papiers ne demandent qu’une chose : être régularisés et obtenir les papiers pour vivre une vie meilleure, une vie qui leur permettra de contribuer à la sécurité sociale belge. En résidant et consommant ici, ils contribuent déjà à la croissance économique et à l’enrichissement du pays. Et c’est bien sûr involontairement qu’ils mettent les travailleurs en concurrence : cette situation ne profite qu’aux employeurs et plaide pour l’obtention des documents qui les sortiront de l’illégalité.

Enrayer le racisme

Le stand, posé entre le Boulevard Pacheco et la Banque nationale, rassemblait des militants des Travailleurs Sans Emploi de la CSC et des Migrants CSC. Un calicot « Même combat » dénonçant les discriminations à l’embauche sur base de l’origine ethnique attirait les regards. Des tracts ainsi qu’un argumentaire pour déconstruire les préjugés sur les migrants, les réfugiés et les sans-papiers, réalisé par les Migrants CSC et le service Diversité, ont été distribués. Le processus du racisme ne pourra être enrayé qu’avec l’appui des citoyens et citoyennes, mais aussi avec des travailleurs et des travailleuses avec ou sans emploi. En participant à cette manifestation, les groupes de la CSC appellent à l’union contre le racisme, pour une société plus inclusive et plus juste.
Malika Borbouse