Tempête hivernale sur les "dépenses éligibles"

Marchandisation des services à la personne, asphyxie financière du tissu associatif, réforme des aides à l’emploi injuste, diminution de moyens pour les services publics… Les dernières réformes envisagées par le gouvernement wallon menacent les services essentiels à la population. Avec la FGTB, la CSC wallonne appelle à manifester le 18 mars à Namur pour défendre une Wallonie solidaire.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase concerne le projet d’élaboration d’un nouveau guide des dépenses éligibles des associations actives dans l’insertion socioprofessionnelle (Mire, CISP, PMTIC, SAACE) et qui viserait la diminution de certaines subventions de fonctionnement. Cette réforme concerne près de 200 associations travaillant dans le domaine de la formation professionnelle et de l’emploi. Leur objectif est d’aider les chercheurs d’emploi à réintégrer le marché du travail, par exemple, en les conseillant et en les guidant dans leurs recherches, ou en leur proposant des formations sociales et professionnelles. Le ministre Jeholet veut revoir certaines règles concernant les dépenses éligibles permettant à ces associations de bénéficier de subventions. «Sous prétexte de vouloir instituer une "bonne gouvernance", ce projet va mettre à mal l’offre de services des associations et l’emploi de leur personnel», estime la CSC wallonne.
La CSC soutient la nécessité d’un contrôle de l’usage qui est fait par les associations des subsides qu’elles reçoivent, et estime qu’elles doivent faire preuve de transparence et d’éthique. «Mais les règles qui sont proposées ici sont inspirées par une suspicion généralisée à l’égard du secteur, dont on semble considérer qu’il a pour vocation de frauder l’État et de s’en mettre plein les poches, explique la CSC wallonne. Rien n’est plus faux: dans leur toute grande majorité, ces services remplissent leurs missions avec rigueur, honnêteté et responsabilité. Ce qui est en cause est ailleurs: ce règlement risque de paralyser les associations, en les enfermant dans un carcan qui les empêchera de gérer leurs budgets avec efficience, et de développer leurs activités au mieux de l’intérêt des bénéficiaires. Beaucoup d’entre elles pourraient en arriver à devoir cesser leur activité, ou à devoir se séparer d’une partie de leur personnel. C’est donc à la fois de nombreux emplois qui sont menacés, mais aussi le service qui est apporté à des milliers de demandeurs d’emplois.»