"La maison de retraite, c'est impossible avec ma pension"

Roland, 84 ans, de Liège, a travaillé plus de 30 ans dans la sidérurgie en travail à pauses.
"Lorsque j’ai pris ma pension en 1999, nous pouvions, mon épouse et moi, partir en vacances. Nous sommes maintenant confrontés à de nouveaux besoins liés à notre état de santé et à la difficulté de nous déplacer: nous avons besoin d’aides familiales et ménagères. Les frais en médicaments s’élèvent à 900 euros par an. C'est beaucoup. Heureusement que, dans la maison médicale dans laquelle je suis soigné, les frais médicaux infirmiers et de kinésithérapie sont pris en charge par l’Inami. J’ai été hospitalisé en 2017 et, financièrement, c’était tout juste. J'ai dû, même en étant assuré, aller puiser dans les réserves. Entre le moment où l’on paie les factures et le remboursement, il faut aller racler le fond de la caisse pour tenir."
"Ma pension n’est pas tout à fait complète. J’ai travaillé 45 ans mais mes deux années en contrat d’apprentissage en ébénisterie n’ont pas été prises en considération. Et ma femme travaillait à 3/4-temps. Avec nos deux pensions, nous avons 1.800 euros pour vivre. C’est insuffisant. Nous devons nous limiter dans nos loisirs. Tout augmente sauf le pouvoir d’achat. Il est insuffisamment lié au bien-être."
"Rester à domicile est le vœu de beaucoup de personnes âgées. Mais cela a un coût d’autant plus important que nous ne sommes pas propriétaires de notre logement. La pension devrait être alignée sur le coût des maisons de retraite. Les moins chères demandent 40 euros par jour pour le strict minimum, auxquels il faut ajouter les suppléments pour les médicaments, le téléphone, la télé et les soins divers… Il me serait impossible d’y accéder avec ma pension."