"Battre le fer tant qu’il est chaud"

Patricia, coordinatrice CNE au sein d’Axa Belgium.
"Le secteur des assurances est caractérisé par un grand nombre de télétravailleurs. Demain, la plupart des travailleurs resteront donc travailler chez eux. Il n’y aura pas de piquet bloquant devant les entreprises d’assurances, mais il y aura un piquet filtrant devant Axa Belgium. Une distribution de tracts a eu lieu aujourd’hui."
"C’est un secteur où on ne se met pas facilement en grève. C’est lié, je pense, au fait que ce secteur a longtemps été préservé, ce qui n’est pourtant plus le cas aujourd’hui. Vu la difficulté de mobiliser le personnel dans notre secteur, nous avons décidé d’organiser une large consultation du personnel pour construire notre cahier de revendications sectorielles."
"Nous soutenons la grève car nous souhaitons une augmentation salariale sectorielle substantielle. Par exemple, chez Axa, on a changé la politique salariale en 2013. Certains salaires n’évoluent plus et il n’y a plus d’augmentations automatiques. Nous voulons une augmentation qui corresponde à un "juste salaire". Nous ne voulons pas d’augmentation en monnaie de singe (écochèques, chèques culture, …). Dans toutes les entreprises d’assurance, les conditions de travail se détériorent, la pression est omniprésente et les acquis sont rabotés de toute part. Nous voulons améliorer les conditions de travail, mais aussi obtenir des aménagements de fins de carrière."
"La digitalisation du secteur a provoqué des pertes d’emploi et les conditions de travail de ceux qui restent sont difficiles et freinent la mobilisation du personnel. De manière générale, les travailleurs du secteur sont assez fatalistes. Chez Axa, qui compte autour de 3500 travailleurs, on sort d’une restructuration qui a touché 650 personnes. Les travailleurs nous disent qu’ils comprennent la lutte mais qu’ils n’osent pas se mobiliser car ils craignent d’être les prochains sur la liste. D’autres disent que ça ne sert à rien. Moi, je suis convaincue qu’il faut continuer, battre le fer tant qu’il est chaud. Nous sommes dans une période de lutte… avec les jeunes pour le climat… et avec les gilets jaunes. On attirera les gens au fur et à mesure. Pour les convaincre de passer à l’action, il faut parler de nos victoires, aussi petites soient-elles."