"Chez Carrefour, 75% des travailleurs sont à temps partiel"

Manuel, délégué CSC chez Carrefour pour les régions de Bruxelles et du Brabant wallon.
"Chez Carrefour, tous les magasins markets et hyper de Bruxelles et du Brabant wallon sont fermés aujourd’hui. Il y a des piquets de grève devant chaque magasin et on ne laisse entrer personne."
"Avec ce que les travailleurs ont vécu en 2018 (le licenciement de 1.200 personnes), il n’a pas fallu beaucoup pour les motiver à agir. Chez Carrefour, les salaires sont bloqués depuis dix ans. Lors de la restructuration de 2010, nous avions été exclus de deux accords interprofessionnels. Les hypermarchés sont toujours en restructuration. Il n’y a pas de nouvelle dynamique commerciale et pas de projet de relance. La nouvelle organisation du travail a du mal à s’installer dans les magasins. Nous sommes à la masse au niveau de la digitalisation. Et la direction s’attaque aux acquis d’horaires en demandant que tous les collaborateurs des magasins soient disponibles à la demande, ce qui pose un énorme problème en termes de conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle. Le bien-être au travail n’est plus une préoccupation de l’employeur."
"Dans ce contexte, la direction a du mal à motiver les travailleurs. Par rapport au pouvoir d’achat, il n’y a pas de meilleur moment pour mener la grève chez nous. 75% des travailleurs (autour de 10.000) sont à temps partiel. Une très grosse partie des travailleurs gagne de 1.000 à 1.100 euros par mois."