"Mon salaire n'est pas décent"

La nouvelle loi sur les salaires n’a permis de dégager qu’une marge de 0,8% pour des augmentations salariales en 2019-2020. Dans ce contexte, la poursuite des négociations de l’accord interprofessionnel (AIP) n’avait pas de sens. Les syndicats lancent un mot d’ordre de grève nationale pour le 13 février.
Béatrice, 47 ans, de Liège, travaille comme aide ménagère dans une société de titres-services.
« Le salaire que je perçois n’est pas décent: même quelqu’un qui travaille à temps plein dans les titres services – je touche entre 1500 et 1600 euros pour un 38h/semaine -  a du mal à boucler les fins de mois. Je dois calculer au début de chaque mois pour pouvoir arriver à la fin de celui-ci, sans faire d’excès. S’il faut des chaussures pour mes deux filles, je ne pourrai pas les acheter le même mois. Je dois systématiquement dédier un mois à l’une, un mois à l’autre, en espérant ne pas avoir une facture imprévue ou à devoir aller chez le médecin. Quand c’est le cas, je ne peux pas mettre la même chose dans les assiettes en début et en fin de mois."
"La faiblesse des salaires dans mon secteur a également des conséquences sur l’accès aux soins médicaux. De nombreuses collègues doivent faire l’impasse sur une série de soins (mammographie, gynécologue, ophtalmologue, dentiste…) parce qu’elles ne peuvent pas y aller durant leurs heures de travail et doivent donc aller dans un cabinet privé."
"J’ai dû puiser dans les réserves lorsque j’ai eu un cancer et j’ai donc décidé de prendre un mi-temps médical parce que la perte salariale était beaucoup trop importante. Il n’était pas possible de vivre avec 1000 euros par mois."
"Je participerai à la grève du 13 février pour que l’on reconnaisse la pénibilité du travail des aide-ménagères. De nombreuses femmes de 45 ans souffrent de nombreux problèmes musculaires, de dos, de clavicule ou du canal carpien qui ne sont pas reconnus comme maladies professionnelles. Et bien entendu, je souhaite également que les salaires soient plus élevés pour ne plus avoir à commencer à gratter à partir du 20 du mois dans l’attente du prochain salaire. Bref, pouvoir souffler un peu ».