Les retraités se tournent vers l'avenir

Les organisations syndicales des retraités revendiquent le droit à la dignité, le droit à l’aide sociale, le droit à la sécurité. Lors de leur huitième congrès, ils ont rappelé ces exigences fondamentales en les inscrivant dans la solidarité aux actifs et surtout aux jeunes.
Aujourd’hui, en Europe, les retraités représentent 20% de la population et 25% de l’électorat. «Les responsables politiques sont bien conscients de l’importance numérique des retraités. En période électorale, ils ne ménagent pas leurs promesses. Ensuite, c’est tout autre chose. On l’a vu notamment avec l’action du gouvernement en matière de pensions» remarque Jeannine Martin, présidente des CSC Seniors. Ce qui est vrai dans notre pays l’est tout autant dans d’autres Ẻtats membres de l’Union européenne (UE). C’est ce qui est ressorti des constats posés par les organisations syndicales de retraités réunis à Bruxelles les 16 et 17 octobre pour le huitième congrès statutaire de la Ferpa (Fédération européenne des retraités et personnes âgées).  

La solidarité pour relever les défis      

Lors de son précédent congrès statutaire, à Budapest en 2015, la Ferpa avait pointé différents problèmes nés de la crise mondiale. Depuis lors, ceux-ci se sont encore aggravés: «Les signes de reprise économique qui sont apparus récemment n’ont pas encore cicatrisé les blessures sociales profondes provoquées par des années d’appauvrissement du travail et des personnes qui en dépendent, le chômage des jeunes et les nombreux emplois précaire et de mauvaise qualité, la réduction du pouvoir d’achat des salaires et des pensions et l’accroissement des inégalités» constate la Ferpa. Elle dénonce aussi la perte et la réduction des services sociaux et de santé, la privatisation des structures et des services publics. Tout ceci a contribué à l’appauvrissement de groupes de population entiers, en particulier les plus faibles dont de nombreux retraités et personnes âgées. 
La Ferpa fait partie intégrante de la Confédération européenne des syndicats (CES). C’est donc une organisation syndicale des aînés et, à ce titre, elle inscrit ses propres préoccupations dans un cadre collectif et mise sur la solidarité pour relever les défis. Elle soutient donc aussi les revendications des actifs et des jeunes en particulier et entend apporter son soutien dans les luttes pour le plein emploi et les droits du travail.

Pension minimum dans toute l’UE

Lors du ce 8e congrès, la Ferpa a rappelé ses trois exigences fondamentales: le droit à la dignité, le droit à l’aide sociale et le droit à la sécurité pour tous et toutes et à tout âge. Pour les aînés, cela passe par une réponse efficace au vieillissement de la population: permettre de continuer à vivre et vieillir dans la dignité, permettre aux personnes âgées de continuer à jouer leur juste rôle dans la société, combattre la pauvreté croissante des aînés et notamment celle des femmes retraitées. La Ferpa y travaille avec son comité des femmes.   
La Ferpa se bat bien sûr pour des pensions permettant une vie décente pour toutes et tous. Durant les quatre années à venir, elle va développer un planning pour obtenir une pension minimum correcte dans tous les Ẻtats membres de l’Union. Et elle va dresser un inventaire sur l’écart entre les retraites des hommes et des femmes et soumettre à la Commission et à chaque Ẻtat membre des propositions concrètes sur la manière de combler ce fossé. 
Riche de son passé, la Ferpa est donc résolument orientée vers le futur. Et pour que son action soit mieux reconnue et valorisée, elle demande que le prochain congrès de la CES reconnaisse son rôle et sa fonction dans ses organes délibérants. Présente dans 25 pays, la Ferpa, regroupe dix millions d’adhérents. La plupart sont des militants et militantes actifs engagés dans les combats collectifs. La fédération estime donc que «ne pas en tenir compte serait un problème et une limite pour la CES elle-même.»   
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