Violences sexistes: dénoncer et agir!

Des histoires de violence sexiste à l’égard de femmes dans le cadre privé ou dans le cadre du travail, tout le monde en a déjà entendu, à commencer par les représentants syndicaux qui recueillent les témoignages et les plaintes de leurs collègues. 
Deux enquêtes menées en Belgique en ce moment ont pour but d’objectiver l’ampleur et la gravité du problème. La première, actuellement en cours de dépouillement, a été menée par la CSC Alimentation & Services et a ciblé spécifiquement plus de 60.000 travailleuses dans les titres-services, le nettoyage, l’horeca ou encore, les aides familiales. Ses résultats seront dévoilés le 20 juin à l’occasion de la journée du nettoyage. 
Une seconde enquête vient d’être lancée, à l’initiative de l’Institut pour l’égalité des femmes et en collaboration avec les trois syndicats belges (la CSC, la FGTB et la CGSLB). Elle porte plus spécifiquement sur l’impact de la violence entre partenaires sur l’environnement de travail. Les travailleurs sont interrogés sur leurs expériences en matière de violence entre partenaires, sur l’impact de celle-ci sur leur travail, sur le soutien dont ils ont bénéficié et sur le rôle que l’environnement de travail peut éventuellement jouer dans ce cadre. Toute personne âgée de plus de 18 ans (qu’elle soit ou non concernée directement) est invitée à participer anonymement cette enquête en ligne

L’enquête est disponible en ligne ici

Les résultats de ces deux enquêtes aideront les organisations syndicales à sensibiliser le monde du travail et le monde politique, mettre le sujet sur la table et déboucher là où c’est possible sur des recommandations et bonnes pratiques à mettre en place dans les entreprises. Elles serviront également à nourrir un travail mené en ce moment au plan mondial par les organisations syndicales internationales. Leur objectif est l’adoption, à la Conférence de l’OIT en juin 2020,  d’une toute première Convention internationale du travail sur le sujet. 
Une convention et une recommandation de l’OIT permettraient d’équiper les gouvernements, les syndicats et les employeurs d’outils pour s’attaquer au problème. Dans certaines parties du monde encore fort imprégnées de culture machiste, une telle norme internationale est attendue avec énormément d’espoir. Si les syndicats aux quatre coins du monde unissent leurs efforts, il y a une chance de voir régresser la violence à l’égard des femmes,  cette violation des droits humains la plus répandue et la plus tolérée par la société.

De quoi parle-t-on ? 

Outre l’abus physique, le viol, le meurtre et le trafic, la violence contre les femmes dans le monde du travail peut aussi s’exprimer sous forme de brimades, de harcèlement sexuel et de persécution psychologique ou économique. Les préjudices peuvent être multiples : une femme peut perdre son emploi parce qu’elle s’oppose à un collègue violent, ou parce qu’elle est souvent absente du travail pour cause de violence sexiste. Une femme peut également être amenée à endurer le comportement violent d’un collègue parce qu’elle tient à garder son travail. Dans les cas les plus extrêmes, la violence sexiste au travail peut aller jusqu’à entraîner le décès de la travailleuse elle-même, ou de l’enfant qu’elle porte.
Le risque d’exposition à la violence est souvent plus élevé dans les emplois et les secteurs dans lesquels le travail  ou précaire est courant, ainsi que les faibles salaires, la difficulté des travailleurs d’adhérer à des syndicats et où l’obligation des employeurs de rendre des comptes est limitée. Le risque est également accru en période de crise, lorsque le travail se fait rare...

Infographie

  • A l’échelle mondiale, entre 40 et 50% des femmes subissent des avances sexuelles, des contacts physiques non désirés ou d’autres formes de harcèlement sexuel au travail. (Source CSI)
  • En Belgique, 42% et 21% des femmes actives ont été victimes, respectivement, de violences psychologiques et de violences physiques commises par leur partenaire, depuis l’âge de 15 ans. (Source: Agence des Droits fondamentaux de l’Union européenne)