Notre santé n'est pas à vendre!

Ce matin, un énorme code-barres a été collé sur les vitres de la Tour de Finances à Bruxelles (siège du ministère de la Santé) pour interpeller la ministre de la Santé, Maggie De Block, sur la commercialisation de la santé. En Belgique et en Europe, comme dans le monde entier, le phénomène de la commercialisation de la santé est en marche. Elle est de plus en plus considérée comme un produit comme un autre, soumis aux lois du marché et à la concurrence. 

Des conséquences déjà palpables et mesurables

En Wallonie, une personne sur 5 reporte ses soins de santé en raison de leurs coûts. Le personnel des laboratoires privés est payé moins cher que celui des labos hospitaliers. Les suppléments d’honoraires peuvent atteindre 300% en chambre particulière. À Bruxelles, 62% des lits des maisons de repos sont détenus par le secteur privé commercial. En Région wallonne, le seuil est fixé à 50%, mais la volonté politique est d’augmenter la part du privé commercial. En 2014, Orpea, leader européen des maisons de repos, a distribué plus de 40 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires… Les sous-financements, les politiques d’austérité, une gestion purement économique des institutions sont autant de causes à la privatisation et la commercialisation de la santé.
Yves Hellendorf, secrétaire national du non-marchand à la CNE, a lancé ce message à la ministre de la Santé: «Il faut aller dans une autre direction en Belgique comme en Europe. Il faut plus de santé, c’est-à-dire prendre en compte la santé dans sa globalité, les facteurs environnementaux, les conditions de travail, les aspects sanitaires… Nous sommes d’accord sur un point avec la ministre: l’hospitalisation devrait être une exception. Mais nous ne voulons pas d’une réforme de la santé sans une alternative pour préserver la santé publique. Il faut garantir l’universalité des soins de santé et la totale prise en charge des frais des patients. Il est important de défendre les plus vulnérables qui ne peuvent pas prendre des assurances privées.»

Un message ferme aux institutions européennes et aux Etats membres

Les syndicats, ONG, organisations de santé dénoncent les conséquences négatives d'une austérité prolongée sur la qualité et l'accessibilité aux soins de santé, ainsi que les assurances et services commerciaux dans le secteur de la santé qui renforcent encore plus les inégalités de santé. Ils exigent que ces politiques soient  stoppées à cause de leurs conséquences très négatives pour la santé des populations.
«Partout en Europe, des millions de personnes expérimentent une diminution de l'accès aux soins de santé, des listes d'attentes plus longues, la fermeture et la privatisation des services de santé, une diminution des remboursements des médicaments... Les institutions européennes et les gouvernements nationaux font payer aux gens la facture de la crise économique. Ces politiques ont et auront des effets catastrophiques sur la santé des personnes!», avertit Sebastian Franco, coordinateur du Réseau européen contre la commercialisation de la Santé.
Cette deuxième journée européenne d’action contre la commercialisation de la santé avait lieu pour la deuxième fois dans plusieurs pays d’Europe (France, Italie, Espagne…) et sur d’autres continents. Toutes les actions qui ont eu lieu dans le monde sont reprises ici 
Les différents mécanismes qui attaquent les systèmes de santé européens et ont des impacts concrets sur les patients et les travailleurs du secteur sont expliqués ici