Que vont devenir les dossiers en rade ?

L’actuelle crise politique a coupé l’élan des Régions wallonne et bruxelloise et de la Fédération Wallonie Bruxelles. La CSC et le Moc s’inquiètent de l’avenir de dossiers importants et des conséquences de la paralysie actuelle sur le sort des travailleurs et des familles.   
Le cdH a dynamité les actuels gouvernements régionaux et communautaires (PS – cdH) et a appelé à la construction de majorités alternatives. Depuis lors, les partis politiques multiplient les discussions et, en attendant la constitution de nouvelles majorités, les entités fédérées se trouvent dans une situation inédite et complexe. De nombreux dossiers restent en rade… Cela suscite l’inquiétude du Mouvement ouvrier chrétien (Moc) et de ses organisations. Ce qui inquiète la CSC, ce sont les retombées réelles de la crise sur le sort des travailleurs et des familles.

Les travailleurs et les familles

«Trois axes nous préoccupent beaucoup. D’abord, les dossiers sur lesquels on négocie depuis longtemps et pour lesquels on approchait d’un accord et qui sont désormais à l’arrêt: par exemple, la réforme des points APE ou, en Fédération Wallonie-Bruxelles, la réforme de l’ONE et les dossiers annexes au Pacte d’excellence: le financement du maternel, la formation des enseignants, les cours philosophiques… Ensuite, les dossiers comme l’assurance autonomie et les allocations familiales à propos desquels nous avions déjà émis de sérieuses craintes quand le gouvernement était stable. L’instabilité actuelle nous fait donc vraiment peur. Comment mettre en place une administration capable de réaliser le paiement des allocations familiales? L’échéance du 1er janvier 2019 nous semblait trop proche quand tout allait bien, que dire aujourd’hui, explique Marc Becker, secrétaire national de la CSC en charge des affaires wallonnes. Enfin, il y a les accords du non marchand: cinq millions d’euros avaient été dégagés et des négociations étaient en cours pour améliorer le sort des travailleurs. Qu’est-ce que cela va devenir?»

La concertation en danger

Après les dégâts sociaux provoqués par la politique du MR au fédéral, le voir rejoindre les majorités régionales et communautaire ne réjouit ni la CSC ni le Moc. «Le gouvernement wallon actuel a respecté les accords intervenus entre les interlocuteurs sociaux wallons. Que fera le MR s’il revient?» interroge Marc Becker très préoccupé par l’avenir de la concertation sociale. «Au fédéral, le MR n’a cessé de construire une politique antisociale caractérisée: saut d’index, recul de l’âge de la pension, pseudo tax shift… S’il revient dans les Régions qu’adviendra-t-il de la réforme fiscale, de la résistance au Ceta?» se demande Christian Kunsch. Le président de la CSC wallonne, Bruno Antoine, met en garde les partis qui négocieront ou soutiendront les futurs accords politiques pour les Régions et la FWB: «Vous savez que vous négocierez avec un parti anti-travailleurs salariés, anti-personnes défavorisées, demandeurs d’emploi, malades, pensionnés à faible allocation… Nous vous observerons et veillerons à ce que vous ne soyez pas les Judas du développement économique et social de toute la population, en particulier des jeunes