Plus que deux ans pour rétablir justice sociale et fiscale

À mi-chemin de la législature, le bilan du gouvernement Michel est négatif sur toute la ligne: revenus, emploi, protection sociale, justice fiscale, services publics. Il lui reste un peu plus de deux ans pour rétablir une justice sociale et fiscale.   
Les résultats de la politique menée par le gouvernement fédéral est lamentable. Il en est exactement à la moitié de la législature et, à ce jour, son bilan est négatif: en matière de croissance d’emploi et d’évolution salariale, la Belgique se trouve en queue du peloton européen. Le déficit budgétaire est plus important qu’en début de législature. Le bien-être et la qualité de vie de la population ont sensiblement baissé. Tel est le constat posé par la CSC, en front commun. Les trois syndicats demandent donc au gouvernement de réorienter leur politique durant les deux ans à venir afin de donner aux travailleurs les emplois de qualité, la justice sociale et la justice fiscale auxquels ils ont droit. 

Redistribution «à l’envers»

Suite au saut d’index de 2% imposé par le gouvernement, la Belgique est le seul pays européen où les salaires réels ont diminué! De plus, la révision de la loi de 1996 sur la norme salariale a réduit au strict minimum la marge de négociation entre interlocuteurs sociaux lors de la négociation pour un accord interprofessionnel (AIP). Bref, la grande majorité de la population –travailleurs et allocataires sociaux- voit ses revenus diminuer. Mais les plus nantis sont épargnés. Bref le gouvernement inverse le principe de redistribution des richesses.
Pour les trois syndicats, il faut changer radicalement de cap, notamment en mettant les prix sous contrôle pour enrayer l’inflation et en s’attaquant au dumping social. Et bien sûr en respectant les résultats de la négociation salariale. 

Emplois, flop, flop, flop

En matière d’emploi, on allait voir ce que l’on allait voir… Mais le jobs, jobs, jobs de Charles Michel se solde par un triste flop, flop, flop. La réduction des cotisations patronales (ne se concrétise pas par des embauches. Le taux d’emploi a progressé en tout et pour tout de 0,1%. Les chômeurs complets sont oubliés. Les étudiants et les pensionnés peuvent travailler davantage et cela nuit à l’emploi de qualité. Le travail se précarise: plus d’intérims, plus de temps partiel involontaire, plus de flexijobs… Les travailleurs souffrent, les employeurs se frottent les mains. Quand les syndicats parlent de réduction de temps de travail, on les accuse d’avancer des revendications idéologiques. Et que sont les mesures du gouvernement sinon idéologiques?  

La protection sociale affaiblie

Le gouvernement parle beaucoup de sécurité et de protection des citoyens. Mais celle-ci ne semble pas s’étendre à la protection sociale! Notre système de sécurité sociale a été conçu comme un concentré d’économie collaborative, un système non marchand axé sur la protection des travailleurs. Il devrait faire l’objet d’un investissement massif. Or le gouvernement le fragilise sans cesse par des coupes sombres dans les budgets de la liaison au bien-être, le sous financement récurrent de la sécurité sociale, une réforme des pensions injuste… 
Le gouvernement doit empêcher le développement des rémunérations avec peu ou pas de cotisations sociales. Cela semble peut-être sympathique au premier abord mais les conséquences sont catastrophiques: avec pareil système, en Allemagne, des milliers de travailleurs se retrouvent sans aucune pension de retraite! 

Aucune justice fiscale

Un euro égale un euro, quelle que soit la manière dont il est gagné. Mais ce n’est pas le cas face à l’impôt. Les travailleurs et les allocataires sociaux contribuent pour l’essentiel de l’impôt. En revanche les grosses fortunes, les personnes qui louent des biens immobiliers, les investisseurs y échappent facilement. Le gouvernement doit introduire d’urgence un impôt sur les plus-values et mener une réforme de l’impôt des sociétés qui soit budgétairement neutre. Ps question de le diminuer.

La fonction publique attaquée

Les services publics font partie intégrante de notre système social. Les démanteler, c’est nuire à la société tout entière. Il faut d’urgence investir non seulement dans les infrastructures mais aussi dans le secteur non marchand et les services publics.