Jean Chômeur, un type qualifié pour un job chez Samufin

Jean Chômeur
Une lettre de candidature spontanée d’un certain Jean Chômeur pour un poste d’administrateur à l’intercommunale Samufin a circulé récemment sur les réseaux sociaux. Une initiative décalée des Jeunes et des Travailleurs sans emploi de la CSC de Mons-La Louvière en réaction aux scandales politiques qui s’enchaînent.
«On a choisi de réagir par l’humour plutôt qu’en faisant une tribune politique sérieuse», explique Frédéric Viseur, permanent des Travailleurs sans emploi (TSE) de la CSC de Mons-La Louvière. Face aux scandales à répétition des derniers mois (Publifin, Samusocial, ISPPC), le sentiment de colère monte dans la population. Et le sujet s’est naturellement invité dans les réunions de militants sans emploi…
«Au-delà des questions éthiques que cela pose, ce qui nous choque aussi, c’est cette disproportion entre ces politiques qui échappent à tout contrôle et la pression de plus en plus forte qui est mise sur les chômeurs et les usagers des CPAS qui, eux, doivent en permanence rendre des comptes, explique Frédéric Viseur. En utilisant le second degré, on veut attirer l’attention sur cette réalité et démonter les clichés qui associent chômeur et fraudeur.» 
L’argent détourné au Samusocial choque tout particulièrement Vita, militante sans emploi, de même que le «droit au silence» invoqué par sa directrice, Pascale Peraita. «En tant que chômeurs, nous devons en permanence nous justifier quant à nos recherches d’emploi. La charge de la preuve repose sur nous. Mais elle, elle se drape dans son droit au silence», s’indigne-t-elle. Multidiplômée dans le domaine culturel et socioéducatif, Vita peine à trouver du travail dans ce secteur non marchand sous-financé. Au fil des années, elle a de plus en plus de mal à endurer le côté absurde et inhumain des contrôles. «C’est devenu kafkaïen pour beaucoup de gens qui ne comprennent plus rien à ce qu’on attend d’eux et qui se retrouvent sanctionnés», estime-t-elle.
«Depuis 2004 et le début de l’État social actif, les chômeurs ont en effet pris beaucoup dans les dents», confirme Frédéric Viseur. Une violence sociale qui s’exerce sur une population avant tout victime, qui pourrait bien un jour passer de la colère à la révolte…