Les leçons de Caterpillar

Six mois après l’annonce de la fermeture de Caterpillar Gosselies, les 2.150 travailleurs ont approuvé le préaccord négocié par leurs délégations syndicales. Aucun accord n’est jamais totalement satisfaisant, mais celui-ci permet de sortir des négociations de manière apaisée. Les délégués ont négocié ce qu’ils estiment être les meilleures conditions de fermeture possible.
Une fois de plus, les syndicats ont joué leur rôle dans un contexte difficile. Une fois de plus, les travailleurs ont fait preuve de responsabilité et de dignité. Nous restons cependant inquiets du sort réservé à certaines entreprises sous-traitantes, au sein desquelles des procédures de licenciement collectif sont engagées.
Mais les portes de l’usine ne peuvent se fermer sans que l’on tire certains enseignements. Tout d’abord, ne soyons pas naïfs: des multinationales comme Caterpillar cherchent constamment à augmenter leur profit en diminuant leur coût salarial et n’ont aucun scrupule à délocaliser leurs outils de production en entrainant une concurrence déloyale entre travailleurs. Nous devons le rappeler: sans la mise en place d’une politique industrielle solide au niveau européen, il y aura encore d’autres drames sociaux. C’est pourquoi nos responsables politiques doivent exiger des garanties en termes d’emploi aux entreprises qui bénéficient souvent de mesures fiscales attractives.
Ensuite, il n’est plus acceptable que nos élus s’engagent dans des promesses sans lendemain, uniquement dictées par l’émotion suscitée par une telle catastrophe. Cette attitude renforce la méfiance de nombreux travailleurs envers le monde politique. La montée du populisme et de la démagogie observée à l’heure actuelle invite pourtant à la vigilance.
Notre travail syndical se poursuit à trois niveaux: travailler à des solutions pour les travailleurs des sous-traitants de Caterpillar; exiger des responsables politiques des engagements clairs, précis pour l’avenir du site; et travailler à un déploiement économique de la région respectueux de ses travailleurs.
Marie-Hélène Ska,
secrétaire générale de la CSC
Marc Leemans,
président de la CSC