Bangladesh: les marques de vêtements doivent agir

En un mois, 1.500 travailleurs du secteur de l’habillement au Bangladesh ont été licenciés et 24 travailleurs et dirigeants syndicaux ont été arrêtés parce qu’ils se battaient pour leurs droits. H&M, Gap, C&A, Zara et Vanity Fair ont le pouvoir de mettre fin à cette vague de répression syndicale. 
Ces licenciements et arrestations abusives de travailleurs considérés comme perturbateurs et de militants syndicaux sont très inquiétants. On assiste en effet au Bangladesh à un durcissement général des lois concernant les ONG, les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes qui expriment leurs préoccupations vis-à-vis du gouvernement et de ses politiques. 
Le déclencheur a été un mouvement de grève pour dénoncer les salaires de misère. Les travailleurs des usines de confection peinent en effet à survivre avec leur salaire équivalent au minimum légal de
67 dollars par mois. Un salaire fixé en 2013 et que le gouvernement ne prévoit pas de réexaminer avant 2018, alors que le coût de la vie a fortement augmenté.
La plate-forme Achact et la Clean Clothes Campaign appellent donc les marques d’habillement qui se fournissent au Bangladesh, ainsi que l’Union européenne, à faire pression sur le gouvernement du Bangladesh pour stopper cette répression et obliger les dirigeants des entreprises à revoir à la hausse les conditions de travail et de salaire.
La majorité des usines à l’origine des plaintes fabriquent des vêtements pour H&M, Gap (Banana Republic et Old Navy), C&A, Inditex (Zara et Bershka) et Vanity Fair (North Face, Jansport, Wrangler et Lee). Ces grandes enseignes ont donc le pouvoir d’agir. En tant que consommateurs, nous pouvons aussi peser sur ces marques en signant la pétition en ligne. En tant que consommateurs, nous pouvons aussi peser sur ces marques en signant la pétition en ligne.

Brésil: une victoire dans la lutte contre l'esclavage

La Cour interaméricaine des droits de l’homme a rendu une décision historique, le 15 décembre dernier, en tenant le gouvernement brésilien pour responsable de l’indemnisation de 125 esclaves détenus dans un ranch de l’État de Pará. La décision rendue dans l’affaire connue sous le nom de Fazenda Brasil Verde, est la première à appliquer l’article 6 de la Convention américaine des droits de l’homme, interdisant le travail forcé. La Cour a retenu les arguments déposés par la Confédération syndical internationale en mars 2016 en tant que «amicus curiae» (organisme indirectement lié à l’affaire).
Pendant des décennies, des travailleurs brésiliens, souvent indigènes ou d’origine africaine, ont été victimisés et maintenus dans des conditions de pauvreté extrême par les propriétaires terriens du nord-est du pays. Au cours des présidences de Lula et de Dilma Rousseff, plus de 44.000 personnes ont été libérées de conditions proches de l’esclavage. Mais, depuis la destitution de Dilma Rousseff au profit de Michel Temer en août 2016, la volonté politique de mettre un terme au travail forcé a disparu.
En 2014, l’industrie agroalimentaire a obtenu de la Cour suprême qu’elle empêche la publication d’une liste des entreprises bénéficiant de l’esclavage. Par ailleurs, certains membres du Congrès brésilien qui ont joué un rôle de premier plan dans la destitution de Dilma Rousseff, font eux-mêmes l’objet de soupçons pour leur responsabilité dans des affaires d’esclavage.
Au total, 30 des 81 sénateurs brésiliens et 130 des 513 membres de la chambre basse sont impliqués dans des enquêtes menées par la Cour suprême. La portée des enquêtes visant des politiciens proches de Michel Temer, et potentiellement le président lui-même, devrait s’atténuer suite au décès du juge de la Cour suprême qui supervisait ces enquêtes. Le 19 janvier, celui-ci a trouvé la mort dans le crash de l’avion qui le transportait.