Nous voulons une politique qui donne des perspectives

Les mesures du gouvernement ne passent pas. A Bruxelles, 66.000 manifestants ont répété que «la coupe est pleine» et réclamé –enfin- une véritable concertation. 
Qui disait que les travailleurs sont résignés? Que les allocataires sociaux préfèrent désormais se taire? Que les actions sont dépassées? La manifestation du 24 mai a réuni 66.000 participants, plus que les syndicats n’en avaient mobilisé! Travailleurs, allocataires sociaux, jeunes en grand nombre, femmes, aînés sont venus par dizaines de milliers crier que les dégâts causés par l’action du gouvernement sont insupportables pour la grande majorité de la population. Ils l’ont dit avec force et détermination, certains avec humour - «Mamy, c’est quoi un CDI?» interrogeait un calicot- et tous avec indignation et colère. Aux affiliés et militants des trois syndicats, se sont joints des militants du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, des membres de diverses associations de jeunes. Les organisations du Mouvement ouvrier chrétien étaient présentes à l’appel de leur président, Christian Kunsch.
La loi Peeters qui, sans la moindre concertation, veut faire passer le temps de travail de 38 à 40 heures a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. De même que la proposition d’augmenter le nombre d’heures autorisées pour les jobs étudiants. «La coupe est pleine» proclamait la grande banderole en tête du cortège. La population en a assez de la précarité, de la flexibilité, de revenus rabotés, de carrières allongées pour les aînés alors que les jeunes piétinent à la porte du marché du travail… «Les travailleurs ont tous les mêmes revendications, qu’ils soient dans le secteur marchand, le non marchand ou le public. Les mesures s’ajoutent aux mesures: les pensions, le saut d’index et maintenant la réforme du travail, explique Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. La réforme Peeters non seulement ne crée pas d’emplois, mais elle rend plus difficile la conciliation entre vie professionnelle et vie privée. C’est une vraie provocation.»  
Cette manifestation était la première étape d’un plan d’actions pour l’été et la rentrée. «Nous voulons une politique qui ait du sens et des perspectives pour la population. Or ce n’est pas le cas aujourd’hui. Cette manifestation est un coup de semonce avant les vacance. Nous envoyons un message au gouvernement et lui disons d’arrêter de provoquer le monde du travail» a précisé Marie-Hélène Ska, qui a également souligné que «l’opposition doit faire entendre sa voix, ses alternatives, au-delà de différences partisanes et bien avant 2019 ».