Améliorer le crédit-temps, pas le détricoter

C’est un fait de société: de plus en plus de travailleurs optent pour l’une ou l’autre formule de crédit-temps. À l’inverse de ce que fait le gouvernement Michel, la CSC voudrait en élargir le droit.
Depuis janvier 2015, le gouvernement a durci la législation concernantle crédit-temps. Le crédit-temps «sans motif» existe toujours, mais il ne donne plus lieu à l’octroi d’allocations d’interruption, et la période ne sera plus prise en compte pour le calcul de la pension.
Quant au crédit-temps de fin de carrière, il peut toujours être obtenu à partir de 55 ans, mais les allocations ne seront plus accordées qu’à partir de 60 ans (sauf dérogations). Les deux formules sont donc devenues moins intéressantes, et c’était bien l’objectif de ce gouvernement très peu à l’écoute des aspirations des travailleurs.
Dommage, donc, pour tous ceux et celles qui comptaient là-dessus pour tenir le coup jusqu’à la fin d’une carrière toujours plus longue. Ou pour reprendre leur souffle dans la course folle que constitue trop souvent une carrière professionnelle…
"Il y a beaucoup d'incompréhension et d'indignation face à des mesures telles que celles-là", explique Blanche Garcia, permanente CSC du Brabant wallon.
À côté du crédit-temps, les congés thématiques ont aussi de plus en plus de succès: c’est le cas du congé pour assistance médicale à un membre de la famille, ou le congé parental à temps partiel. Notons aussi que la part d’hommes qui ont demandé un congé parental à temps partiel durant les cinq dernières années a augmenté de 40%. Bref, il y a incontestablement dans notre société une demande très large pour les diverses formules d’interruption de carrière…
À l’inverse de ce que fait le gouvernement fédéral, la CSC plaide pour l’élargissement du crédit-temps. D’abord, il faut en faire un droit aussi pour les entreprises de moins de onze travailleurs. Aujourd’hui, dans les toutes petites sociétés, le crédit-temps est une faveur, et non un droit. Cette discrimination est inacceptable. 
La CSC demande aussi un élargissement des motifs du crédit-temps pour soins. En particulier afin de soutenir l’aide aux proches, mais aussi pour les travailleurs qui ont besoin de prendre soin d’euxmêmes, lors de la reprise du travail après une longue maladie.
Par ailleurs, elle souhaiterait l’instauration d’un système généralisé de «verrouillage» des droits. Les travailleurs qui préfèrent reporter leur crédit-temps risquent d’être trompés si le régime change ou qu’un système est supprimé. Tous les travailleurs qui, à un moment donné, répondent à toutes les conditions pour accéder à un de ces systèmes, doivent avoir la garantie absolue qu’ils pourront en bénéficier à un moment ultérieur. Sans une telle garantie, impossible de planifier sa carrière.
Enfin, la CSC plaide pour qu’une décision importante prise dans le cadre du Pacte des générations soit enfin concrétisée, dix ans après. Il s’agit de la possibilité pour les travailleurs de convertir leur prime de fin d’année en jours de congé supplémentaires, sans perte de droits sociaux.
Bref, autant de combats à mener, à contre-courant des décisions actuelles.