Un nouveau désastre social?

La CSC est stupéfaite que Kris Peeters, ministre fédéral de l’Emploi, ait commandé une étude sur le renforcement de la dégressivité des allocations de chômage. Cette question fait la une de plusieurs journaux. L’objectif de cette étude est d’évaluer si les allocations de chômage peuvent être réduites plus rapidement et comment.

Plutôt le bâton…

Cette logique ne tient pas la route. Le principe selon lequel un chômeur qui bénéficie de moins de ressources cherchera plus rapidement un emploi est une idée fixe de la droite. Ainsi Philippe Muyters, ministre flamand de l’Emploi, affirme aujourd’hui dans «De Tijd» que «grâce à une dégressivité renforcée des allocations de chômage, les personnes qui ne trouvent pas immédiatement un emploi seraient encouragées à accepter un emploi qui ne correspond pas directement à leurs centres d’intérêt ou qui est moins bien rémunéré que leur emploi précédent». La secrétaire d'État Zuhal Demir l'avait formulé plus clairement il y a quelques années, lorsqu'elle était encore députée fédérale : «si les chômeurs ont davantage de difficultés à payer leurs factures, ils redoubleront d’efforts pour trouver un emploi». Cette vision de droite n’adhère qu’au principe du bâton.

 …que la carotte

Les études réalisées à l’échelon international contredisent largement ce raisonnement. La résistance à l’idéologie du «Making work pay» ne cesse de croître. Même les services d'études de l'OCDE et de la Commission européenne admettent que ce n'est pas convaincant. L’édition 2014 du rapport annuel de la Commission européenne sur «l’évolution de l'emploi et de la situation sociale en Europe» donne un aperçu des études consacrées à l'impact de différents types d'assurance chômage (niveau des allocations, durée, etc.) sur la probabilité d’une réinsertion sur le marché du travail. Il ne semble pas exister de corrélation négative entre le niveau des allocations et les chances de sortir du chômage pour accéder au marché du travail.
Un certain nombre d'études conduisent même à la conclusion inverse: plus la protection sociale est généreuse, plus vite les demandeurs d’emploi se réinsèrent sur le marché du travail. Ce constat n’est pas surprenant: des allocations plus généreuses permettent aux chômeurs d'investir dans un moyen de transport, un abonnement Internet, la garde des enfants, la formation continue, les contacts sociaux et d’augmenter ainsi leurs chances de trouver un emploi.
Le principe de la carotte semble donc être beaucoup plus efficace que celui du bâton. Ce gouvernement risque-t-il de faire une fois de plus un mauvais choix social?
Conact presse: Koen Meesters, secrétaire national de la CSC au 0473522034