Chômeurs profiteurs ? Et si on parlait des employeurs… ?

Rendez-vous ce jeudi 19 avril à 10h00 devant l'ONSS, Place Victor Horta 11 à 1060 Bruxelles
Dans son combat contre le chômage, l’État n’a eu de cesse depuis 1980 d’inventer de multiples mesures de réduction des cotisations patronales.  En 2004, pour y voir plus clair, une tentative de simplification du système est mise en œuvre via la réduction des cotisations patronales harmonisée.  Dix ans plus tard, avec la 6ème réforme de l’État, les Régions sont devenues compétentes pour la plupart des réductions dites « groupes-cibles » liées aux caractéristiques des sans-emploi qui doivent en bénéficier.
Il existe donc une multitude de réductions, certaines allant même jusqu’à la dispense de cotisations patronales de sécurité sociale.  Sans parler des groupes-cibles pour lesquels il existe aussi des réductions qui visent à favoriser un groupe d’employeurs déterminés ou certains travailleurs.
Les Régions peuvent désormais  modifier, supprimer ou créer des réductions de cotisations patronales.  Même si l’ONSS reste le seul opérateur technique et administratif pour la déclaration et l’exécution de ces réductions de cotisations transférées, on peut craindre que cette nouvelle compétence engendre de nouvelles formes d’aides aux entreprises.
Le coût des dispositifs de réduction de cotisations ou de subvention salariale se chiffre en milliards. Or, les Travailleurs sans emploi de la CSC (TSE) craignent sérieusement qu’il ne s’agisse, la plupart du temps, que d’effets d’aubaine.  
Par contre, il est clair que ces mesures constituent une réponse manifeste aux exigences de compétitivité de la FEB et du gouvernement… et ce même si celles-ci ne font qu’augmenter la concurrence entre demandeurs d’emploi et participent à diminuer les moyens de la sécurité sociale.
Les TSE dénoncent le fait qu’en brandissant le spectre de la compétitivité et des délocalisations, les pouvoirs publics octroient autant de privilèges à certaines entreprises au détriment de l’intérêt général.  D’autant plus que les préjugés qui touchent les sans-emploi sont nombreux (« parasites qui ponctionnent les sous de la collectivité », « fainéants baignant dans l’oisiveté », etc.)
En même temps, la progression de la pauvreté des familles en Belgique et les coupes sombres dans les services publics sont directement liées. La somme totale des transferts financiers vers les entreprises est difficile à calculer car ils concernent plusieurs dispositifs différents qui parfois s’entremêlent et ne sont pas clairement identifiables en tant que tels.  
Nous avons fait l’exercice et nous arrivons à un montant de plus 15 milliards pour 2016 et nous estimons que rien qu’avec le taxe-shift, celui-ci sera augmenté de 695 millions en 2018.  Or, pour 2016, le montant total des allocations pour les chômeur-euse-s complets indemnisé était de 6 milliards d’euros.
Les TSE de la CSC s’opposent à une orientation politique qui participe à l’exclusion des plus faibles. Ils exigent un revirement radical : le financement des politiques doit être réalisé en fonction des moyens des personnes et son bénéfice s’octroyer en fonction des besoins.

Les TSE veulent :

  • combattre les préjugés anti-chômeurs
  • remettre en question le « poids » des sans-emploi dans le trou de la sécurité sociale
  • démontrer que les employeurs sont également largement financés par la sécurité sociale et cela quasi sans condition et sans contrôle.

Les TSE exigent :

  • un refinancement des services publics
  • une sérieuse évaluation de toutes les aides aux entreprises afin de réajuster notamment les effets d’aubaine
  • l’instauration d’un contrôle des obligations des entreprises
  • des sanctions fermes et tangibles comme le remboursement par les employeurs des aides perçues en cas de non-respect des obligations
  • le remboursement de toutes les aides pour les entreprises qui organisent des licenciements boursiers alors que l’entreprise est en bonne santé.
Les Travailleur sans emploi de la CSC ont décidé de porter ces revendications le 19 avril en marchant de l’ONSS à la FEB en passant par l’ONEM pour symboliser le chemin que suivent tous les jours, discrètement, des sommes d’argent gigantesque pour aider le monde des entreprises. 
Plus d’information, Khadija Khourcha
Tél : 0473 49 59 03

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