Starters jobs, un nouveau cadeau aux employeurs

En octobre dernier, dans sa déclaration budgétaire, le gouvernement voulait diminuer jusqu’à 18% le salaire des jeunes de moins de 21 ans. Pour rappel, l’objectif était de rétablir la dégressivité du salaire suivant l’âge pour les jeunes travailleurs et travailleuses entre 18 et 21 ans. Au lieu du salaire minimum de 1531,93€, un jeune de 18 ans ne pourrait plus prétendre qu’à un salaire de 1256,18€.
Kris Peeters annonçait ensuite que la perte de salaire brut serait compensée par une prime versée au jeune. D’une mesure d’économie, on passait donc à une mesure déficitaire pour la sécurité sociale et les finances publiques de minimum 78 millions d’euros par an. En effet, 45.000 jeunes de 18 à 20 ans sont déjà au travail chaque année et la mesure aurait donc eu des effets néfastes pour les finances publiques et la sécurité sociale, tout ça pour un objectif très minimaliste de création de nouveaux emplois : 1000 (selon l’ajustement budgétaire d’octobre 2016). De plus, le jeune cotisera moins à l’assurance-chômage (la cotisation dépendant du salaire brut), s’ouvrant donc des droits plus faibles à la sécurité sociale s’il venait à perdre son emploi.
La concertation sociale entre employeurs et syndicats avait décidé à mettre ce dossier à la trappe pour se concentrer sur des mesures qui ont déjà fait leurs preuves dans la création d’emploi pour les jeunes. Le ministre de l’Emploi Kris Peeters et le gouvernement ont décidé seuls d’appliquer une recette qui ne créera que peu d’emploi. 
« Une étude du Bureau du Plan a, comme c’était prévisible, rappelé au gouvernement qu’il n’a toujours pas amélioré ses compétences en mathématiques. Dans l’hypothèse la plus optimiste, la mesure permettrait de créer 670 postes équivalents temps plein (460 dans la minimaliste). Un coût de 78 millions d’euros pour 670 postes, ça correspond à un brut mensuel de 8400€. Ce sont des salaires d’intercommunales », ironise Ludovic Voet, responsable national des Jeunes CSC. 
« Evidemment, ce n’est pas le jeune qui mettra cet argent dans sa poche avec son salaire minimum mais ce sont de nouveau des cadeaux aux employeurs sans contrepartie de création d’emploi. Si 78 millions d’euros sont disponibles, autant créer des emplois dans les services publics, dans l’enseignement ou dans le secteur non-marchand. Une telle manne pourrait créer jusqu’à 3600 emplois à temps plein au salaire minimum (5 fois plus que l’hypothèse optimiste du Bureau du Plan sur les starters jobs). Nous invitons donc le gouvernement à abandonner cette mesure qui précarise les jeunes, les finances publiques et la sécurité sociale sans que l’emploi ne soit au rendez-vous », conclut Ludovic Voet.
Contact presse : Ludovic VOET, Responsable National des Jeunes CSC, 0495/73.33.11, ludovic.voet@acv-csc.be