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Pourquoi la CSC participe au débat sur le climat

Les syndicats soutiennent les recommandations du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) visant à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 85% d’ici 2050. Construction, mobilité, énergies renouvelables: des emplois doivent être repensés et d’autres créés.

climatUne série de faits tout à fait objectifs peuvent être mis à l’actif du changement climatique: guerres de l’eau, désertification, fonte des glaciers, migrations climatiques… Autant de faits indéniables qu’un groupe de scientifiques, le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), étudie depuis 1990.

Nous pouvons limiter la hausse globale de la température à 2°C à condition de réduire de 85% les gaz à effet de serre d’ici à 2050. C’est ce que le Giec préconise. Cela exige une remise en question de notre modèle économique. Les syndicats insistent sur le fait que les multiples crises (de l’énergie, de l’alimentation, de l’emploi et du climat) qui frappent le monde ont pour origine commune ce modèle injuste. Un modèle qui rend la création de la richesse dépendante de la détérioration de l’environnement et génère des inégalités inacceptables.

C’est pourquoi les syndicats soutiennent le scénario du Giec visant à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 85% d’ici 2050 (à commencer par 25 à 40% d’ici 2020). Il serait possible, en effet, d’orienter la production vers les besoins réels des populations et de questionner la production de biens superflus dont l’achat n’est possible qu’encouragé par la publicité et le crédit. Ou encore, d'isoler les logements, de développer une mobilité plus écologique, et d’utiliser des énergies renouvelables. Pour ce faire, des emplois devraient être repensés et d’autres créés. Ce sont les fameux "emplois verts": des emplois qui, avec une reprise en main par les travailleurs des choix de production, permettraient de mettre en oeuvre un modèle de société plus durable. Cette nouvelle approche du monde du travail représente une opportunité de développement importante en ces temps de crise et de chômage élevé.

Il n’est pas possible non plus de sauver le climat sans la participation du Sud. Le droit au développement des peuples du Sud ne peut se concrétiser que par le recours à des technologies propres.

Cliquez sur les liens ci-dessous pour en savoir plus sur:

 

Conférence des parties (COP)

La Conférence des parties (COP) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCCC) se réunit chaque année en décembre pour élaborer la politique mondiale en la matière. La dernière COP, la 15e depuis la signature de la Convention en 1992, a eu lieu à Copenhague en décembre 2009. La prochaine se réunira à Cancun (Mexique) du 29 novembre au 10 décembre 2010.

La délégation syndicale présente aux COP s’est étoffée ces dernières années, passant d’une dizaine de personnes début 2000 à près de cent à Poznan (Pologne) en 2008.

 

Position de la Confédération syndicale internationale (CSI)

Le positionnement de la CSI s’est affiné avec le temps, notamment suite à la création d’un groupe de travail sur les changements climatiques. Ces dernières années, les demandes précises ont porté sur l’inclusion d’un "cadre pour une transition juste" dans la discussion sur l’accord pour l’après-2012, la promotion des emplois verts et la nécessité de faire intervenir les travailleurs et les syndicats dans la prise de décisions relatives aux changement climatiques.

Après la COP de Poznan, le conseil général de la CSI a souligné les nécessités suivantes:

  • une participation plus active des syndicats sur les changements climatiques et les négociations y afférentes, rendant ainsi plus visibles auprès des médias les actions et revendications syndicales relevant du Programme d’action spécial de la CSI sur les changements climatiques;
  • une assistance et une coopération syndicale au développement accrues, afin de permettre le renforcement des capacités des syndicats des pays en développement dans ce domaine;
  • un travail en coopération avec d’autres parties prenantes du processus (notamment les organisations non gouvernementales, le Secrétariat de l’ONU et les employeurs) incluant la participation à des événements et la tenue de conférences et de réunions de haut niveau, si les circonstances le justifient;
  • une action constante tout au long de l’année (y compris dans les réactions syndicales à la crise économique et dans les interventions auprès du G20) afin de parvenir à un accord à Copenhague contenant des objectifs ambitieux de réduction d’émissions de gaz à effet de serre et tenant compte pleinement des besoins des travailleurs et des communautés en matière de consultation, de protection sociale et de possibilités de création d’emplois "verts et décents" dans la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, repris sous le concept d’une "transition juste".

La CSI a par ailleurs rappelé l’importance qu’elle accordait à l’enjeu climatique à l’occasion du sommet du G20 à Londres (2009). La Déclaration de Londres (PDF 730 Ko) le met en exergue comme une des cinq priorités du syndicalisme international. Appelant à une approche cohérente entre la réponse fiscale globale et la transition vers une économie sobre en carbone, la CSI rappelle son soutien à l’objectif de stabilisation du climat à +2°C et la nécessité d’une stratégie de transition équitable pour y parvenir.

 

Position de la Confédération européenne des syndicats (CES)

Pour la Confédération européenne des syndicats (CES), le changement climatique peut et doit avoir l’ambition de devenir un moteur de croissance durable et de progrès social. Dans un courrier adressé aux chefs d’Etat et de gouvernement à la veille du sommet de Copenhague (2009), la CES a exposé ses positions et propositions. La CES demande aux décideurs européens:

  • un accord contraignant et ambitieux visant à limiter la hausse globale des températures à 2°C maximum;
  • une contribution européenne accrue pour financer la réduction mondiale du changement climatique, notamment dans les pays en développement;
  • une relance européenne ambitieuse par le biais de politiques communautaires renforcées en matière industrielle et de recherche prenant en compte les diversités économiques et industrielles, en particulier des pays entrants.

 

Participation de la CSC

Ces dernières années, la CSC a participé à chaque COP en déléguant un représentant de son service d’étude.

En décembre 2009, septante militants étaient à Copenhague, pour:

  • montrer que la CSC est présente et soutient activement les politiques de lutte contre les changements climatiques;
  • mettre en évidence les expériences syndicales relatives à l’efficacité énergétique et la réduction de gaz à effet de serre: expériences-pilotes du Réseau intersyndical de sensibilisation à l'environnement, plans de mobilité durable des entreprises, etc.;
  • tisser des liens entre nos militants et les syndicalistes des autres pays, sur ces questions et notamment la nécessaire solidarité Nord-Sud pour le climat;
  • porter le message de la nécessité d’une transition juste accompagnant des objectifs ambitieux, ce qui veut dire:
    • soutien massif à l’innovation dans nos pays;
    • filet de sécurité sociale pour les travailleurs touchés par les restructurations suite aux politiques de changement climatique;
    • plans de formation pour les travailleurs en vue d’accompagner la modernisation écologique.

Par ailleurs, le succès rencontré par les journées de formation liées à l’environnement et au climat indique un réel intérêt croissant de nos militants pour cette question. La participation massive de la population belge à l’initiative du WWF d’éteindre les lumières pendant une heure (500.000 ménages participant, une baisse de près de 10% de la consommation électrique) en est une preuve supplémentaire. Enfin, nos centrales industrielles seront confrontées dans les prochaines années à la mise en oeuvre de l’accord mondial et du paquet énergie-climat européen, de sorte qu’il est important de montrer leur présence dès à présent.

lien documentDébriefing du sommet de Copenhague (janvier 2010, Powerpoint 8,2 Mo)
lien documentLa CSC et le sommet de Copenhague (janvier 2010, Powerpoint 4,5 Mo)
lien webLa mobilisation syndicale après le sommet de Copenhague: interview de Claude Rolin (7.1.2010)
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