7.10.2009 Inactifs, les sans-emploi?
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| | "Ce n’est pas parce qu’on est sans emploi qu’on est sans idées et sans projets." Les Travailleurs sans emploi (TSE) de la CSC l’ont prouvé le 1er octobre dernier à Bruxelles, en présentant une centaine de projets en chantier dans toute la Wallonie et à Bruxelles.
"On en a marre de raser les murs, marre d’être considérés comme coupables d’être au chômage." Ce cri du cœur, nombreux sont ceux qui l’ont exprimé au cours de cette journée de lancement de l’action des TSE pour l’année 2009-2010. Une journée vibrante d’énergie, d’émotion et de bonne humeur.
En aucun cas en effet, les TSE (emmenés par leur responsable nationale Isabelle Barez et une dizaine de permanents régionaux) ne cultivent la morosité et le défaitisme. Au contraire, la journée avait clairement pour but de montrer que les chômeurs, lorsqu’ils s’unissent, peuvent garder la tête haute et réussir de grandes choses. "La solidarité est le seul pouvoir de ceux qui n’en ont pas" leur a dit Jean-Marie Constant, président la CSC wallonne.
Solidaires, les militants TSE le sont, eux qui vivent pourtant des réalités très différentes. Tel Philippe, qui a perdu son emploi chez GB en 1993 et qui depuis, n’a cessé de se mettre au service des sans-emploi de la région de Charleroi. Ou Gaëlle qui a décroché son diplôme d’assistante sociale en juin dernier, mais qui désespère de trouver du travail avant 15 mois, échéance après laquelle elle pourra prétendre à un statut ACS quasi obligatoire pour décrocher un job dans sa branche…
Les groupes de base des TSE, plusieurs militants présents l’ont confirmé, c’est un lieu de vie et de contacts humains, où ensemble on imagine et on agit pour changer le monde. C’est aussi un espace où l’on se reconstruit, comme ce fut le cas pour Anne. "Ma militance à la CSC m’a apporté de la confiance en moi, de la dignité, une place dans la société et surtout m’a permis de faire disparaître ce sentiment de culpabilité lié au fait d’être chômeuse depuis des années. Personne n’est fier et satisfait d’être sans travail…" a-t-elle témoigné.
A leur actif, les groupes de base des TSE (soit plusieurs centaines de militants) ont une foule de réalisations concrètes: conférences-débats, interpellations de personnalités politiques, édition d’outils d’information, actions diverses de sensibilisation, organisation de formations, ateliers d’expression… Leur cheval de bataille est bien sûr la pénurie d’emplois et la lutte contre les inégalités face à l’emploi, en matière d’accès aux formations, à la mobilité, à internet…
"Tout ce travail montre que les sans-emploi gardent la tête haute, qu’ils ne sont pas des sans-voix. C’est une fierté pour notre organisation" a souligné Marie-Hélène Ska, secrétaire nationale de la CSC. Reste que l’image des demandeurs d’emploi est souvent mise à mal, surtout lorsque les mois et les années de chômage s’accumulent et que de victime de la crise, on en vient insensiblement à être considéré comme responsable sinon coupable de sa situation.
"Nous valons mieux que cela, a insisté Isabelle Barez. Nous avons un vécu à faire connaître, ainsi que des idées à communiquer pour améliorer la situation des demandeurs d’emploi. Nous voulons être des acteurs incontournables, reconnus et entendus par le monde politique" a-t-elle conclu en promettant, au nom des TSE, quelques visites prochaines aux ministres en charge de l’emploi. | |
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