9.5.2011 Travailleurs venus d'ailleurs : une exposition sur l'histoire de la migration en Belgique
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| | La CSC fête ses 125 ans. Cela concerne tous les travailleurs, qu’ils soient nés ici ou viennent d’ailleurs. Une expo retrace l’histoire de l’immigration en Belgique, son évolution et l’action menée par la CSC pour les migrants et avec eux.
Les migrations ont toujours existé et elles existeront toujours. De tous temps, des hommes et des femmes s’en sont allés voir ailleurs et il en ira sans doute toujours ainsi. Quelques-uns s’en vont poussés par la curiosité, le besoin de découvertes. Mais la toute grande majorité des migrants ne quittent pas leur région, leur famille de gaieté de cœur. Ils cherchent généralement à se mettre à l’abri, à trouver un lieu où construire un avenir meilleur pour eux-mêmes et leurs proches.
Les Belges eux aussi ont été des migrants. A la fin du XIXe siècle, de nombreux Wallons sont partis chercher un sort meilleur en France mais aussi en Amérique du Nord et en Argentine. Et, avant la guerre 1914-1918, de nombreux Flamands sont venus travailler en Wallonie.
Des ouvriers surveillés de près
Vers 1910, le patronat belge organise les premières campagnes de recrutement en Pologne et en Silésie pour combler le manque de main-d’œuvre dans les charbonnages. A cette époque, le mouvement ouvrier belge considère la présence de ces étrangers avec méfiance et son premier réflexe est de les rejeter: ils sont accusés de faire baisser les salaires des ouvriers belges et de constituer un obstacle en cas de grève. En effet, le patronat n’hésite pas à faire appel à de la main-d’œuvre étrangère pour remplacer les grévistes belges. Et les ouvriers étrangers sont surveillés de près par la Sûreté de l’Etat qui renvoie sans délai hors des frontières tout ouvrier suspecté d’appartenance à un mouvement social ou politique.
Après la guerre 14-18, les ouvriers belges sont nombreux à aller travailler dans les usines françaises où ils bénéficient de conditions financières plus favorables. Pour compenser ces départs, les patrons engagent de la main-d’œuvre étrangère pour les charbonnages, les carrières, la métallurgie et le secteur du bâtiment. Le nombre d’étrangers passe de 149.677 en 1920 à 339.799 en 1930. Parmi eux, il y a de nombreux ouvriers italiens syndicalistes ou communistes contraints de fuir le régime fasciste de Mussolini, des Polonais, des Hongrois, des Yougoslaves, des Hollandais, des Nord-Africains… A partir de 1923, les autorités publiques essaient de contrôler les flux migratoires. Pour les syndicats, ces ouvriers constituent une menace pour les acquis sociaux récemment conquis comme le travail de huit heures par jour ou le salaire. Ils se posent donc la question de la syndicalisation de ces travailleurs. Mais si la langue représente une difficulté, l’interdiction faite à ces ouvriers de participer à un mouvement social constitue un véritable obstacle.
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