Face à la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation, l'élargissement du Fonds mazout est une première réponse. Mais la CSC réclame une réflexion plus large sur la répartition des richesses.
En décembre, nous étions près de 25.000 manifestant-e-s dans les rues de Bruxelles. Les deux principaux mots d’ordre de cette manifestation étaient clairs: "Pour une sécurité sociale forte et fédérale" et "Pour une augmentation du pouvoir d’achat".
Sur la sécurité sociale, nous attendons des décisions du gouvernement intérimaire qui nous promet des orientations claires pour le 23 mars. Les décideurs politiques connaissent bien nos positions: elles n’ont pas changé depuis la publication de notre mémorandum (PDF 881 Ko).
Sur le pouvoir d’achat, une de nos premières revendications a été satisfaite: c’est l’élargissement du Fonds mazout. Cette mesure n’est certainement pas "la" solution a toutes nos difficultés mais elle aidera concrètement de nombreux ménages qui ne parviennent plus à remplir leur citerne. Malheureusement, elle ne concerne qu’une forme d’énergie et le coût de l’opération sera assumé par la collectivité. Le gouvernement ne demande rien au secteur énergétique qui est pourtant l’un des bénéficiaires des augmentations des prix. Pour s’en convaincre, il suffit de voir les bénéfices d’Electrabel ou des sociétés multinationales du secteur pétrolier…
La CSC continue de faire pression pour que des mesures soient prises dans les secteurs du gaz et de l’électricité, et elle exige le renforcement des instruments de régulation des prix.
Pas question de payer deux fois
Chaque jour, nous payons l’augmentation des prix. Certains voudraient nous la faire payer deux fois! Ainsi, il y a peu, M. Trichet, le patron de la Banque centrale européenne, a mis en cause notre système d’indexation automatique des salaires. Les responsables politiques et économiques doivent savoir que la CSC ne pourra pas accepter de nouvelles attaques contre ce système qui permet de protéger partiellement l’érosion de notre pouvoir d’achat. C’est particulièrement vrai en période d’augmentation des prix.
Grâce à l’indexation, les allocations sociales viennent d’être augmentées de 2% en janvier. De nombreuses allocations viennent d’ailleurs d’être améliorées dans le cadre de la liaison au bien-être. Les salaires aussi suivent l’indexation. De plus, grâce à l’accord interprofessionnel, les salaires minimums ont bénéficié d’une augmentation de 25 euros au 1er avril 2007 et ils bénéficieront d’une nouvelle augmentation de 25 euros au 1er octobre 2008.
Ces réponses sont le résultat de nos mobilisations syndicales; si elles sont importantes, elles restent encore insuffisantes. Quand M. Trichet critique notre système d’indexation parce que, selon lui, il augmenterait l’inflation, il oublie de dire que notre index est calculé sur base d’un indice santé (qui n’intègre pas certains produits comme les carburants). Il oublie de dire aussi que les négociations salariales en Belgique sont encadrées par une loi relative à la promotion de l’emploi et à la sauvegarde préventive de la compétitivité. Il oublie encore de dire que l’inflation que nous connaissons est la même dans les pays voisins du nôtre. La seule différence est liée aux effets de notre politique de libéralisation du gaz et de l’électricité qui a un effet de près de 0,5% sur l’inflation.
Un combat européen
N’en déplaise à certains, le rôle de la CSC est de défendre ce système d’indexation; c’est aussi d’exiger des responsables économiques et politiques qu’ils mettent en place des mesures complémentaires pour assurer la préservation et l’amélioration de notre pouvoir d’achat. Dans une période où les bénéfices des entreprises n’ont jamais été aussi importants, où les spéculateurs jouent avec la santé de l’économie et où les revenus de certains dirigeants atteignent des montants extravagants, la question qui doit être posée est celle de la répartition des richesses.
Ce combat dépasse les limites de notre pays. Il est également européen. C’est pour cette raison que la CES (Confédération européenne des syndicats) appelle à manifester ce 5 avril 2008 à Ljubljana en faveur de l’amélioration des salaires et du niveau de vie en Europe.Claude Rolin
secrétaire général de la CSC "L'Info" n°7 du 15 février 2008 (prix de l'alimentation, Fonds mazout)
Les points de référence de la CSC pour un nouveau gouvernement
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