24.9.2009 Marc Becker: "L’emploi, priorité absolue"
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| | Gérer les restructurations, prévoir des formations pour être prêt pour la sortie de crise, adapter le plan d’activation aux réalités économiques et s’approprier l’alliance emploi-environnement sont les principaux défis de la CSC wallonne.
L’année sociale 2009-2010 commence dans un contexte difficile: les pouvoirs publics sont confrontés à un déficit budgétaire colossal. La CSC est bien consciente que Régions et Communautés vont être mises à contribution. En effet, laisser l’Etat fédéral supporter seul le poids de ce déficit, ce serait faire trinquer la sécurité sociale. Et cela, la CSC ne le veut en aucun cas. La Région wallonne sait donc qu’elle devra consentir des efforts; lors du contrôle budgétaire 2009 et lors de la préparation du budget 2010, elle envisageait une réduction des dépenses de l’ordre de 3%. Ainsi, par exemple, pour une organisation comme le Forem qui gère une masse budgétaire d’un milliard, cela représente des dizaines de millions en moins. Dans quels postes faut-il couper? C’est tout le défi de cette rentrée sociale. Et il est d’autant plus ardu que les effets cumulés de la crise risquent d’engendrer, lors des prochains mois, un nombre important de restructurations dans de nombreux secteurs.
Marc Becker, secrétaire national de la CSC en charge de la politique wallonne, détaille les priorités du Comité régional wallon de la CSC face aux défis qui attendent la Région wallonne.
La rentrée se déroule dans un contexte difficile. Comment la CSC wallonne envisage-t-elle les semaines et les mois à venir?
Nous ne voulons pas être alarmistes. Comme syndicalistes, nous avons une obligation morale d’optimisme! Mais il va y avoir encore des difficultés pour le monde du travail. En effet si la récession est finie, la crise continue… Il faut en être conscient et faire preuve de créativité pour élaborer les bonnes réponses aux défis posés. Sur le terrain, la situation est très difficile. Ainsi, depuis peu, les dossiers introduits à la Sogepa (Société wallonne de gestion et de participation) se multiplient: c’est révélateur des difficultés que vivent les entreprises de taille moyenne qui subissent aujourd’hui, par effet boule de neige, les conséquences des difficultés que connaissent les grosses entreprises pour lesquelles elles travaillent.
Comment la CSC envisage-t-elle les efforts que la Région wallonne va devoir consentir? Comment faire sans pénaliser encore les plus fragiles?
La CSC wallonne va continuer à faire son boulot chaque jour. Mais le plus gros dossier de la rentrée, malheureusement, ce sont les restructurations. Donc, la priorité absolue à court terme, c’est la gestion de ces restructurations. Nous avons bien conscience que le Forem n’échappera pas à la rigueur. Mais nous voulons qu’il soit en mesure de maintenir un accompagnement de qualité. En effet, indépendamment des négociations dans les entreprises et du risque d’augmentation substantielle du chômage, il va être nécessaire de mettre rapidement en place le dispositif permanent de reconversion. C’est un chantier prioritaire à nos yeux car les travailleurs vont en avoir grand besoin. Il faut aussi être attentifs et vigilants quant aux éventuelles délocalisations de production; et, s’il y a lieu, il faut se mobiliser pour s’y opposer.
Et puis il faut favoriser le développement de la formation des travailleurs durant les périodes de chômage économique. C’est essentiel pour pérenniser et accroître leurs compétences et pour qu’ils soient prêts au moment de la reprise. Or on sait que certaines enveloppes ne sont pas utilisées.
La déclaration de politique régionale (DPR) prévoit aussi une évaluation et une réadaptation du plan d’activation de la recherche d’emploi. Qu’en pense la CSC wallonne?
La CSC demande une révision du plan et la situation économique actuelle vient renforcer cette position. Or, les intentions du gouvernement wallon à ce sujet ne sont pas claires. On s’obstine à vouloir que chacun trouve un emploi alors qu’il y a 270.000 chômeurs en Wallonie et que les entreprises sont en difficulté! On va donc devoir travailler avec les pouvoirs publics (wallons bien sûr mais aussi avec ceux des autres Régions et de l’Etat fédéral) pour adapter le plan d’activation en fonction de la situation économique actuelle.
Sur base de notre plan positif d’insertion, nous pensons qu’il faut accorder la priorité aux jeunes qui sortent de l’école et aux personnes qui viennent de perdre leur emploi, suite à la crise. Pour les autres, il faut réorienter l’activation vers une logique qui n’est plus nécessairement celle de l’emploi: ne peut-on pas imaginer d’autres voies que l’emploi classique qui permettent à ces personnes de se sentir utiles et reconnues?
Et qu’en est-il de l’alliance emploi-environnement dont on a tant parlé?
C’est un aspect prioritaire de la déclaration de politique régionale. Des négociations vont donc démarrer rapidement avec le gouvernement dans ce cadre. En effet, le processus est très positif: travailler sur la consommation énergétique, c’est augmenter le pouvoir d’achat des gens. Mais le secteur n’est pas encore prêt: or, il est indispensable que les entreprises de la Région wallonne puissent s’impliquer dans le processus. Il ne faudrait pas que le savoir-faire et la main-d’œuvre viennent de l’étranger alors que le potentiel existe en Région wallonne!
Il s’agira donc de veiller à ce que les développements liés à l’alliance emploi-environnement se construisent dans le cadre d’une concertation sociale permanente, que ce soit sur le plan professionnel ou interprofessionnel. Pour sa part, la CSC va organiser des séances d’information et de formation avec les centrales concernées afin de se préparer au mieux aux défis à venir. Le réseau Rise (Réseau intersyndical de sensibilisation à l’environnement) et la FTU (Fondation travail université) prendront en charge la préparation de ce travail de telle sorte que les centrales soient en mesure de se l’approprier.
Interview complète dans "L'Info" n°39 du 25 septembre 2009 | |
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