CSC En Ligne
17.05.2012
Bonjour
banner_home
Home | Plan du site |NL|DE
Retour | S'affilier | Contact
Aide | S'enregistrer
 
 
CSC Confédération  >  Actualité  >  Nouvelles  >  Détails  >  Libéralisation des services postaux
Imprimer | Partager
 
 
29.5.2007

La poste dans l’œil du cyclone


Patrons et syndicats de la vieille et de la nouvelle Europe sont en désaccord avec la Commission sur la libéralisation des services postaux.


posteLes services publics sont en voie de libéralisation. C’est au tour des services postaux de se retrouver dans l’œil du cyclone. Depuis le début de leur libéralisation en 1997, on a procédé par vagues successives en introduisant graduellement la concurrence. On a ainsi ouvert le marché pour les colis d’un poids supérieur à 350 grammes et, après plusieurs étapes, aujourd’hui seuls les envois d’un poids inférieur à 50 grammes sont à l’abri.

Or, voilà que la Commission européenne a proposé, il y a quelques mois, de finaliser le processus en faisant sauter cette dernière "protection" d’ici au 1er janvier 2009 tout en entendant préserver un service universel de grande qualité à des tarifs abordables et dans une optique de cohésion sociale et territoriale.

Le 26 avril dernier, le Comité économique et social européen (patrons, syndicats, ONG environnementales, associations de consommateurs, d’agriculteurs, etc.) a adopté à une très large majorité (131 pour, 26 contre, 8 abstentions) un avis qui sera présenté aux décideurs européens. "Le Cese estime que les éléments fournis par la Commission à l’appui de son projet ne permettent pas de garantir avec la sécurité indispensable le financement durable du service universel dans chacun des Etats membres." Il exprime son désaccord profond avec le fait que le service universel serait financé par "l’introduction d’une redevance ou hausse des tarifs pour les utilisateurs". Cela signifierait que les habitants d’une petite commune relativement isolée devraient payer plus cher pour que leur courrier soit acheminé.

Pour le Comité, "vu toutes les incertitudes et risques qui planent sur une ouverture totale du marché postal, la date butoir du 1er janvier 2009 paraît irréaliste" et devrait être reculée à 2012 pour autant que "d’ici là des propositions de financement crédibles apportant une valeur ajoutée par rapport au service universel aient été trouvées en étroite concertation avec toutes les parties concernées". L’avis se montre aussi critique concernant l’impact de la libéralisation sur les évolutions de l’emploi dans le secteur où l’emploi de qualité est de moins en moins la norme. Il faut insister sur le fait que ces critiques n’émanent pas que des organisations syndicales mais sont aussi partagées par les patrons et les autres organisations.

Pétition pour les services publics: redoubler d’efforts

Après le non-approvisionnement en électricité de 65.000 ménages en Flandre et la fermeture des petites gares suite à la libéralisation de ces secteurs, l’actualité qui touche les services postaux indique (s’il était encore nécessaire) l’importance de signer la pétition de la Confédération européenne des syndicats (CES), soutenue par la CSC. L’objectif de cette pétition est de demander une loi européenne protégeant les services collectifs (services publics, entreprises publiques, enseignement et non marchand) d’une concurrence débridée. Il faut établir des normes minimales en matière de tarifs, de services universel et minimum, de qualité et d’accessibilité.

Lancée en novembre 2006, la pétition devait recueillir un million de signatures (papier ou électroniques). Les chiffres de la CES sur les signatures collectées indiquent que, six mois plus tard, nous sommes loin du compte. Certains grands pays peinent à se mobiliser tandis que d’autres créent la surprise: la Roumanie, la Slovénie et la Pologne, pays souvent craints pour leur néo-libéralisme supposé sont d’importants contributeurs. La Belgique figure dans le peloton de tête. C’est bien, mais c’est encore insuffisant pour que nous soyons entendus.

Lors de son récent congrès, la CSC a réaffirmé son souhait de renforcer les services collectifs car ils sont "un levier essentiel pour la redistribution des revenus et une société moins inégalitaire" (ligne de force 16). La CSC a indiqué, parmi ses priorités, qu’il fallait adopter pareille loi européenne dans le mémorandum qu’elle a remis aux partis politiques en vue des prochaines élections législatives.

On a vu, avec la directive sur les services, que la mobilisation pouvait payer. Sans les syndicats, la directive Bolkestein aurait laminé le modèle social européen. Grâce à l'action syndicale, la directive a été sérieusement corrigée. La pétition va un pas plus loin dans la défense de la solidarité qui est mise en péril par les libéralisations.

Cette campagne de récolte de signatures est essentielle pour s’opposer aux forces libérales et pour clairement démontrer que les affiliés de la CSC refusent cette destruction du service public. Au moment où certains patrons rejoignent l'analyse syndicale, il est important de redoubler d’énergie pour récolter massivement des signatures.

Olivier Derruine

>  Pétition en ligne
>  Dossier Europe

Home  |  Elections sociales 2012  |  Actualité  |  Qui nous sommes  |  Publications et documentation  |  Concertation  |  Droit social  |  E-Services  |  Contact
Disclaimer