23.4.2010 Journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail
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| | Le 28 avril est la journée choisie par le mouvement syndical mondial pour honorer la mémoire des victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles. C’est aussi l’occasion de rappeler que ces accidents et maladies sont loin d’être toujours une fatalité.
Pratiquement chaque jour ouvrable en Belgique, un travailleur décède des suites d’un accident du travail. Chaque jour aussi, près de 100 travailleurs sont victimes d’un accident qui les laissera handicapés pour le reste de leur vie.
Derrière ces chiffres, il y a évidemment beaucoup de souffrances. Mais aussi un constat accablant: le risque d’être victime d’un accident de travail grave ne diminue pas. Pour les ouvriers, ce risque est même en augmentation par rapport à 1980.
Concrètement, sur 1.000 ouvriers du secteur privé, 12 ont été victimes au cours de l’année 2008 d’un accident du travail entraînant une incapacité de travail permanente. Chez les employés, il s’agit d’un travailleur sur 1.000. En d’autres termes, les chances pour un ouvrier de rester actif 25 ans sans être victime d’un accident du travail grave sont extrêmement minces: en moyenne 1 ouvrier sur 4 parvient à ce jubilé avec un handicap permanent. Certes, cette incapacité est souvent limitée: les statistiques parlent en moyenne de 7,8% d’incapacité de travail.
Pour certains groupes comme les travailleurs intérimaires, les ouvriers des sous-traitants ou des secteurs comme la construction et le métal, le risque est nettement plus élevé que la moyenne. Par exemple, le secteur de l’intérim enregistre des résultats deux fois plus élevés que la moyenne.
En 30 ans, les situations de danger les plus graves ont été éliminées dans la plupart des entreprises, mais d’autres facteurs d’insécurité ont augmenté. Le rythme de travail est en forte augmentation, on travaille plus vite et avec des délais de plus en plus courts. Il y a de plus en plus d’intérimaires, de sous-traitants, de travailleurs seuls. Et ces travailleurs sont souvent appelés en période de pic de travail, sans formation préalable en matière de sécurité.
En outre, le nombre d’inspections est en diminution constante. Le nombre d’inspecteurs employés par les services d’inspection de la sécurité du travail se réduit d’année en année. Les promesses politiques n’ont pas manqué, mais tous les ministres de l’Emploi de ces vingt dernières années ont quitté leur poste ministériel avec moins d’inspecteurs qu’au moment de leur entrée en fonction. D’après un audit international, le nombre d’inspecteurs en Belgique est inférieur de moitié à la moyenne européenne. Et ce n’est pas en voie d’amélioration. Le budget 2010 concocté par notre gouvernement ne prévoit pas de renforcer ces services. La désertification de l’inspection se poursuivra donc une année de plus.
A l’occasion de cette journée du 28 avril, la CSC revendique une véritable concertation sociale obligatoire sur la sécurité au travail, y compris dans les PME.
Elle réclame également:- une meilleure application de la législation sur la sécurité par un renforcement de l’inspection:
- un plus grand nombre d’inspecteurs sur le terrain;
- une politique de sanctions immédiates et sévères pour les employeurs en cas d’infraction grave à la sécurité;
- la responsabilité civile pour les employeurs en cas d’accidents du travail graves répétés;
- un renforcement de la législation sur la sécurité pour les travailleurs intérimaires avec, notamment, une formation obligatoire pour les postes à risque.
Interview de Stéphan Lepoutre, du service "entreprise" de la CSC, en radio (21.4.2010)
Tract (PDF 145 Ko)
Produits dangereux: nouvelles étiquettes (avril 2010, PDF 560 Ko) | |
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