10.11.2011 L’indexation automatique, coupable injustement désigné
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| | Nouvelle tempête sur l’indexation automatique des salaires! Le Conseil central de l’économie (CCE) a publié son rapport technique le 8 novembre dernier. Les employeurs n’en ont retenu qu’un seul point: l’écart cumulé depuis 1996 entre le coût salarial en Belgique et dans les pays voisins (Allemagne, France, Pays-Bas) devrait atteindre 4,6% en 2012. Immédiatement, ils sont passés à l’offensive, ont dénoncé un "dérapage des coûts salariaux" et réclamé "une réforme du système d’indexation des salaires". La CSC attendait cette réaction et elle s’y oppose catégoriquement. Avec la FGTB, elle estime en effet qu’un débat correct et honnête doit prendre tous les paramètres en compte, ce que n’ont pas fait les employeurs.
D’abord, ceux-ci ont refusé d’intégrer dans les calculs du rapport plusieurs subsides pour coûts salariaux (4,4 milliards d’euros pour subsides fiscaux, titres-services, activation des allocations en 2012). Or, si l’on intègre ces données, la différence du coût salarial avec les trois pays voisins diminue à 1,5% d’écart. Et si les salaires ont augmenté de 6,3% en Belgique contre 6,0% dans les pays voisins, cette légère différence est intégralement attribuée à l’augmentation plus rapide des prix en Belgique.
Le front commun demande donc aux employeurs et aux politiques de ne pas charger injustement l’indexation automatique des salaires mais de s’attaquer aux vrais coupables: les prix des produits alimentaires et, surtout, de l’énergie. Ce sont eux qui constituent la principale cause d’inflation en Belgique. En effet, les ménages et les entreprises paient leur énergie nettement plus cher que dans les pays voisins. Ce sont ces prix élevés qui dopent l’inflation, donc l’index. Il faut que les pouvoirs publics donnent d’urgence au régulateur (la Creg) le pouvoir de renforcer le contrôle des prix de l’électricité et du gaz afin de s’attaquer au problème de l’inflation à la source.
Par ailleurs, le rapport ne prend pas en compte la productivité élevée des travailleurs belges: celle-ci est encore de 6,25% plus élevée que dans les trois pays voisins (et même de 7,65% selon les calculs du "Conference board").
De plus, l’objectif de la loi de 1996, qui était d’améliorer l’emploi, est largement atteint: la Belgique a connu de 1996 à 2011 une amélioration de 15,5% de l’emploi (en heures travaillées) contre 5,8% seulement pour la moyenne des trois pays voisins. L’Allemagne, à laquelle la Belgique est systématiquement comparée, n’a connu sur cette période qu’une amélioration de 3%. On y crée bien de l’emploi mais quand on regarde ces chiffres, on ne peut que se demander quel type d’emplois: mini-jobs, travail à temps partiel, intérim…
Enfin, la compétitivité, c’est bien plus que le coût salarial. D’ailleurs, le CCE consacre toujours une grande attention aux efforts consentis en matière d’innovation et de formation. L’investissement en recherche et développement (R&D) doit garantir une économie innovante et dynamique, à même de financer de bons salaires ainsi que des services publics et une sécurité sociale à la hauteur des besoins de la population. Or, une fois encore, les résultats sont bien inférieurs aux objectifs nationaux et européens. Les investissements en R&D globaux en 2009 s’élèvent à 1,96% du PIB, contre 1,90% en 2007 et 1,97% déjà en 2008 (en 1997, ils étaient de 1,86%!). L’investissement en R&D dans la moyenne des trois pays voisins non seulement est à un niveau supérieur, mais il est en hausse: 2,27% en 2007, 2,35% en 2008 et 2,47% du PIB en 2009. La Belgique est donc en train de creuser son "handicap d’innovation"! | |
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