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14.12.2007

La campagne Vêtements propres bâillonnée en Inde


Sept militants néerlandais de la campagne Vêtements propres font l’objet d’un mandat d’arrêt international, suite à une plainte déposée par l’entreprise indienne Fibre & Fabrics International. Un précédent qui doit préoccuper tous les défenseurs des droits de l’homme et des droits des travailleurs.


vetements propresDiffamation, actes xénophobes, crime cybernétique... Rien de moins! Ce sont les chefs d’accusation qui ont mené une cour de justice de Bangalore (Inde) à ordonner le 1er décembre dernier qu’un mandat d’arrêt international soit délivré à l’encontre de sept militants néerlandais de la campagne Vêtements propres, suite à une plainte déposée par l’entreprise indienne Fibre & Fabrics International (FFI).

"Notre crime est d’avoir publié des témoignages de travailleurs sur notre site internet, rendant ainsi cette information publiquement accessible en Inde, et d’avoir diffuser cette information auprès des clients de l’usine et des médias", explique Ineke Zeldenrust, de la campagne Vêtements propres.

Les témoignages et rapports diffusés par la campagne Vêtements propres faisaient état de sévères maltraitances physiques et psychiques de la part des surveillants, de violations des consignes de sécurité, d’heures supplémentaires obligatoires et non rémunérées et d’absence de contrats de travail.
 
Cette plainte et ce mandat d’arrêt constituent un précédent particulièrement dommageable au travail des défenseurs des droits humains et des droits des travailleurs, et à toute mise en œuvre crédible de politiques de responsabilité sociale en Inde. Car, plutôt que de s’investir dans un dialogue loyal, FFI a préféré réduire toute critique au silence.

L’entreprise n’en est pas à son coup d’essai. Il y a près d’un an et demi, FFI avait déjà déposé des plaintes en diffamation contre des organisations locales qui, dans un rapport daté de mars 2006 et dans un second rapport publié en août 2006, critiquaient les conditions de travail dans ses usines. Il avait obtenu du tribunal l’interdiction pour ces organisations de soutenir les travailleurs et de s’exprimer publiquement à ce sujet.

Le procès sur le fond n’aura lieu au plus tôt qu’en avril 2008. Qu’il gagne ou qu’il perde le procès, FFI est entretemps débarrassé de toute critique locale.

Des actions ce lundi 17 décembre

En Belgique comme dans plusieurs pays d’Europe, des organisations mèneront des actions ce lundi 17 décembre. Elles veulent se montrer solidaires des accusés en diffusant à leur tour l’information incriminée. Elles invitent FFI à dialoguer avec toutes les organisations représentatives des travailleurs et à retirer les plaintes déposées contre des organisations locales et internationales.
 
La marque néerlandaise de jeans G-Star est le plus important et dernier client qui persistait jusqu’à ces dernières heures à se fournir auprès de FFI. Avant l’annonce de ce retrait, la campagne Vêtements propres avait interpellé G-Star pour qu’il communique clairement à son fournisseur qu’il placera ses prochaines commandes dans une usine de Bangalore qui respecte la liberté d’association de ses travailleurs.

G-Star a finalement annoncé qu’il renonçait à se fournir auprès de FFI le 7 décembre dernier. Mais il n’a jusqu’ici pas fait connaître publiquement ni les raisons de ce retrait, ni les dispositions qu’il a mises en place pour éviter un impact négatif sur les travailleurs de FFI. G-Star n’a pas non plus communiqué dans quelle mesure il a effectivement plaidé auprès de son fournisseur pour qu’il retire les plaintes déposées contre les organisations locales et internationales. La campagne Vêtements propres continue à interpeller G-Star en ce sens.

Face à une délégation officielle des Pays-Bas, le ministre du Commerce indien a affirmé que la critique publique à propos des conditions de travail est de nature à ériger des barrières techniques au libre commerce… En pleine négociation pour la conclusion d’un nouvel accord commercial avec l’Inde, l’Union européenne acceptera-t-elle de marginaliser encore davantage le respect des droits de l’homme et des conventions de l’OIT, pour laisser libre cours au "business as usual"? La campagne Vêtements propres ne manquera pas d’interpeller le commissaire Mandelson à ce propos.

lien webSite internet de la campagne Vêtements propres
lien webDes vêtements "propres" au travail aussi

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