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23.1.2009

Un mieux pour les intérimaires, premières victimes de la crise


Les intérimaires paient un lourd tribut à la crise. Le chiffre des activités d’intérim accuse un sévère recul en un an. La situation affecte essentiellement le travail intérimaire des ouvriers.


logistiqueEn cas de difficultés économiques, les intérimaires sont les premiers travailleurs dont l’entreprise se sépare sauf s’ils sont occupés à des tâches très spécialisées dont on ne peut se passer. Si les problèmes perdurent, les contrats des travailleurs engagés dans des contrats à durée déterminée (CDD) ne sont pas renouvelés quand ils arrivent à échéance. Puis vient le chômage temporaire pour raisons économiques (qui est possible pour les ouvriers mais pas pour les employés). Et, enfin, si la situation ne s’arrange pas, c’est le licenciement collectif.

Ces dernières semaines, la presse est remplie d’articles qui font écho à ce genre de situations. En effet, les répercussions des perturbations financières sur l’économie réelle sont évidentes et elles provoquent des conséquences désastreuses pour l’ensemble des économies dans le monde.

Diminution de 9,78% en un an

En Belgique comme ailleurs, la crise frappe durement et les intérimaires en sont les premières victimes. Depuis septembre 2008, le nombre d’intérimaires au travail est en recul constant.

Ainsi, en novembre 2008, les activités d’intérim ont diminué de 1,54% par rapport au mois d’octobre 2008. Par rapport à novembre 2007, les chiffres sont plus terribles encore: le secteur a reculé de 9,78%. Dans les deux cas, cette dégringolade est attribuable au recul subi par le segment ouvrier: d’octobre à novembre 2008, il a enregistré une diminution de 3,29% du nombre d’heures intérimaires prestées, le nombre d’heures prestées par les employés augmentant au contraire de 0,96%. Mais de novembre 2007 à novembre 2008, le nombre d’heures intérimaires prestées par les ouvriers a diminué de 16,30% alors que les employés enregistrent encore une hausse de 1,20%.

Emplois "tampons"

Ce recul de l’emploi des intérimaires se remarque dans différents secteurs: les fabrications métalliques sont fortement affectées de même que le secteur de la logistique, mais aussi la poste et certains pans du secteur horeca (hôtels, restaurants et cafés). Quand ils parlent de l’emploi intérimaire, les néerlandophones parlent parfois de "buffer" (tampon); l’expression n’est pas sympathique mais elle confirme la tendance du système qui se sert de la précarité de certains et s’en accommode.

Ce n’est évidemment pas le cas à la CSC. Certes, l’intérim n’y est pas la forme d’emploi préférée; si elle reconnaît l’utilité de son rôle pour acquérir de l’expérience, la CSC estime que l’intérim est une situation qui ne doit pas durer. "C’est un flux qu’on ne maîtrise pas bien, explique un délégué. Chaque fois, il faut les former et cela augmente le stress du personnel. C’est pourquoi nous travaillons toujours à les faire passer à durée indéterminée (CDI)." En temps de crise, c’est évidemment mission quasi impossible.

Filet de sécurité

La CSC a donc beaucoup travaillé à tisser malgré tout un filet de sécurité pour les travailleurs intérimaires. Ainsi, les travailleurs intérimaires (de même que ceux sous contrat temporaire) mis en chômage suite à la crise bénéficieront d’une augmentation de leur indemnité (70% voire 75% de leur dernier salaire plafonné) pourvu qu’ils aient été occupés durant trois mois chez le même employeur, et pour autant que les travailleurs sous contrat fixe soient également mis en chômage économique.

Par ailleurs, les travailleurs intérimaires n’ont pas accès aux cellules pour l’emploi qui sont mises en place en cas de licenciement collectif. La ministre de l’Emploi a annoncé son intention de corriger cette mesure. En effet, ces cellules ont des retombées positives pour les travailleurs qui y ont accès. L’intention est donc généreuse. Mais, pour que la mesure soit suivie d’effets concrets, elle devrait être prise avec effet rétroactif; en effet, bien souvent, quand un licenciement collectif intervient, l’entreprise s’est déjà séparée de ses travailleurs intérimaires depuis bien longtemps.

lien webChômeurs temporaires: garantie de revenus majorée (15.1.2009)
lien webDossier intérim
lien webDossier crise internationale
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