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CSC Confédération  >  Actualité  >  Nouvelles  >  Détails  >  Budget 2010 de la Région wallonne et de la Communauté française: "une soupe amère mais pas imbuvable"
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23.10.2009

"Une soupe amère mais pas imbuvable"


Le budget 2010 de la Région wallonne et de la Communauté française est acceptable compte tenu des ingrédients dont disposaient les deux gouvernements qui l’ont élaboré ensemble. La CSC regrette toutefois une politique à très court terme.


Les budgets 2010 de la Région wallonne et de la Communauté française ont été élaborés. Les deux gouvernements ont travaillé ensemble et, de leur propre aveu, jamais aucun budget n’avait été aussi difficile à boucler. Le déficit budgétaire est énorme et les a obligés à réaliser des efforts considérables. Les gouvernements "oliviers" avaient toutefois affiché leur volonté de ne pas faire payer une seconde fois la crise aux citoyens. Au terme de leurs travaux, ils ont estimé avoir réalisé "un budget rigoureux et volontariste qui préserve l’essentiel".

L’analyse de Marc Becker, secrétaire national de la CSC en charge de la politique wallonne, est plus nuancée. "Le budget 2010 de la Région wallonne et de la Communauté française ne nous satisfait pas entièrement. Mais il faut bien convenir qu’avec les ingrédients dont ils disposaient, les gouvernements ont réussi à concocter une soupe buvable", remarque-t-il. Il met en exergue plusieurs sujets de satisfaction et pointe quelques postes qui posent problème. Mais il reconnaît que l’exercice était périlleux. En effet, tous les niveaux de pouvoir (Etat fédéral, Communautés et Régions) ont subi un effondrement des recettes dû à la crise économique, elle-même provoquée par la crise financière.

La Communauté française et la Région wallonne ne font évidemment pas exception à la règle. Globalement, leurs recettes pour 2010 vont baisser de 1.265 millions d’euros par rapport au budget 2009 initial. Deux facteurs sont en cause: d’une part, la croissance du PIB (produit intérieur brut, soit l’ensemble des richesses créées) est passée de +1,2% à -3,1% et l’inflation de 2,7% à 0,0%. D’autre part, les impôts régionaux en Wallonie ont baissé de 246 millions d’euros. Il fallait donc impérativement réaliser des économies.

Pour ce faire, les gouvernements de la Région et de la Communauté ont travaillé ensemble et, pour la première fois, leurs budgets ont été traités de manière intégrée et solidaire. Marc Becker estime qu’il s’agit d’un point positif et d’un élément de satisfaction: "En travaillant ensemble, les deux gouvernements ont limité les conséquences négatives, surtout pour la Communauté française très dépendante du fédéral et des Régions, explique-t-il. Cette collaboration représente aussi les prémisses d’un scénario où la Communauté française ne travaillera plus toute seule. Mais là, au-delà du scénario budgétaire, nous sommes déjà dans le débat institutionnel".

Les gouvernements de la Région wallonne et de la Communauté française ont privilégié les économies par rapport à une augmentation fiscale. Toutefois, dans la fonction publique, les gouvernements se sont engagés au respect intégral des accords sectoriels (signés entre les représentants syndicaux et les pouvoirs publics), y compris pour les enseignants qui bénéficieront d’une revalorisation salariale de 1% en 2010, conformément aux engagements pris. Marc Becker s’en félicite.

Il se réjouit aussi du refinancement de la Société wallonne de gestion et de participation (Sogepa): celle-ci aide les entreprises en difficulté et elle a vu ses dossiers augmenter sensiblement au cours des derniers mois. "L’augmentation des moyens de la Sogepa permettra de faire face à la crise en répondant aux demandes d’aide qui affluent" remarque le secrétaire national de la CSC.

Enfin, il constate que les gouvernements ont confirmé le lancement du Plan Marshall 2.vert dès janvier 2010: "1.600 millions d’euros y seront consacrés durant le total de la législature. Au budget de 2010, le gouvernement a affecté 388 millions aux pôles de compétitivité, 150 millions à l’économie dite "classique" et 50 millions à l’économie verte. La position reste donc volontariste et c’est une bonne chose" affirme Marc Becker.

Mais le secrétaire national de la CSC pointe aussi des décisions budgétaires négatives. "Tous les organismes d’intérêt public (OIP) vont devoir travailler à budget constant. C’est le cas pour le Forem, l’ONE, le Tec, la Société wallonne du logement… Mais, concrètement, si l’on n’augmente pas leurs budgets, cela signifie que ceux-ci vont diminuer. Et, bien entendu, cela va engendrer certaines difficultés et cela aura des répercussions sur les usagers de ces services" constate-t-il.

Autre regret: les gouvernements ont décidé le lissage du refinancement des moyens de fonctionnement de l’enseignement. Le poids budgétaire de l’enseignement est énorme! Le budget 2010 maintenant la revalorisation salariale promise aux enseignants, le gouvernement a rogné sur d’autres postes: le refinancement des subventions de fonctionnement s’élèvera donc à 20 millions, soit la moitié de ce qui avait été planifié au moment des accords de la Saint-Boniface.

"Si l’on considère les mesures relatives aux OIP et à l’enseignement, on constate que les gouvernements ont travaillé dans le très court terme, remarque Marc Becker. D’un point de vue syndical, nous ne pouvons qu’émettre des réserves sur cette attitude."

Enfin, il pointe un dernier motif d’insatisfaction: "Les budgets de la culture et de l’audiovisuel ont eux aussi été conçus à franc constant, ce qui se traduira dans les faits par des diminutions. Cela risque d’être très dommageable pour l’éducation permanente qui a toujours été une préoccupation de la CSC".
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