18.4.2011 Luan Abedinaj, nouveau responsable du service "Nouvelles migrations et Diversité"
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Né en octobre 67, Luan Abedinaj a terminé une licence en français à Tirana en 1989. Il enseigne le français durant trois ans dans une commune du sud de l’Albanie. Après la chute du communisme, il milite dans un parti de gauche et, lors des premières élections démocratiques locales, en 1992, il est nommé bourgmestre. En 1996, il se présente aux élections législatives pour ce même parti. C’est le début des ennuis: dans un pays où la démocratie est encore balbutiante, il subit maintes pressions et doit se retirer. Il travaille alors pour un syndicat albanais des mineurs et de l’énergie. Chargé des relations internationales, il participe à diverses rencontres en Europe.
En 1997, il est contraint de fuir son pays. Il arrive en Belgique en janvier. «Il faisait terriblement froid» se souvient-il, passant avec pudeur sur la solitude, le sentiment de ne plus compter, l’inquiétude pour sa famille restée dans une Albanie secouée par l’écroulement des pyramides financières et les révoltes populaires. Sa femme et leur premier fils ne pourront le rejoindre que 14 mois plus tard. A ce moment-là, il est candidat-réfugié et a trouvé du travail. (A l’époque, en effet, les demandeurs d’asile avaient le droit de travailler). Durant deux semaines, il fait la plonge dans un restaurant namurois non sans difficulté car la patronne voulait engager une femme. Toutefois, après quinze jours, elle le fait passer au service en salle. «J’ai appris sur le tas. C’était un restaurant de classe et rien n’était laissé au hasard. J’ai tout appris et j’ai fini comme sommelier avec la gestion d’une cave quelques milliers de bouteilles que j’ai informatisée, explique-t-il. Cela a été une expérience intéressante. J’ai dû vaincre ma timidité. J’ai appris énormément notamment en matière de cuisine française et de bon vin».
Une fois régularisé, Luan Abedinaj tente d’obtenir l’équivalence de diplôme. «Cela a marché pour les humanités mais pas pour le diplôme universitaire. Je peux comprendre, mais il est dommage que l’on ne puisse pas suivre des modules complémentaires pour arriver à l’équivalence» regrette-t-il. Sans se laisser abattre, il suit une formation en informatique puis tente un graduat mais les connaissances en maths de ce littéraire ne sont pas suffisantes. Il opte alors pour un graduat en droit qu’il réussit avec distinction. Tout cela en horaire décalé et en travaillant. Il a quitté le restaurant et donne des cours de français pour non francophones au CAI (Centre d’action interculturel de la Province de Namur). D’abord bénévole, il y obtient un poste d’un an comme «Article 60». Il postule ensuite à la Fédération des centres régionaux d’intégration. D’abord permanent, il devient le coordinateur en 2003. «C’était un travail très intéressant : l’intégration des personnes étrangères, déjà. Avec quelques gros dossiers comme, en 2006, la campagne de sensibilisation au droit de vote des étrangers pour les élections communales».
En 2008, il entame la Fopes. Il postule alors à la CSC et devient permanent à la CSC Namur-Dinant en charge de la Diversité et à la CSC Luxembourg où il est permanent Nouvelles migrations et la diversité. Depuis le 1er avril dernier, il a rejoint le siège national de la CSC.
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