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2.5.2011

Pas de bonne réforme institutionnelle sans le carré de la solidarité !


Extraits consacrés à l'actualité :

« Nous traversons actuellement une des plus importantes crises que nos sociétés aient jamais connues. Une crise multiforme :  financière, économique,  sociale et écologique, à laquelle s’ajoute une crise politique et institutionnelle.

Comme CSC, nous avons toujours dit que nous n’étions pas opposés à une réforme institutionnelle. Elle est nécessaire mais n’aura de sens que si elle permet à tous de mieux vivre et si elle garantit plus de solidarité. Pour la CSC, cette réforme institutionnelle doit sauvegarder le carré de la solidarité :

-les mécanismes essentiels comme la sécurité sociale et le droit du travail  doivent rester fédéraux et pouvoir jouer pleinement leur rôle.

-une réforme de l’Etat doit permettre d’améliorer, et non de détériorer la situation des travailleurs et des allocataires sociaux de toutes les Régions et de toutes Communautés.

-les pouvoirs publics fédéraux doivent être dotés de moyens pour faire face au vieillissement de la population.

-la sécurité sociale doit rester fédérale et solidaire.

 
Nous avons besoin d’un Gouvernement, plein et entier pour anticiper les grands défis de l’avenir que sont le vieillissement et l’emploi. Nous voulons un Gouvernement qui soit capable d’assurer l’avenir de la sécurité sociale et qui mette au cœur de sa politique l’emploi et le développement durable.
 
La crise financière a démontré que les recettes du tout au marché nous conduisaient droit dans le mur. Certains ne semblent pas l’avoir compris. Ils continuent de penser que c’est sur le dos des salariés et des allocataires sociaux que l’ont doit faire payer l’addition de la crise.
 
Bien qu’il ait été réaffirmé dans le projet d’AIP, notre système d’indexation automatique des salaires est soumis à de nombreuses pressions. Pour nous, c’est un mécanisme qui n’est pas discutable ! C’est un élément essentiel pour diminuer l’érosion du pouvoir d’achat, en particulier dans les périodes de forte inflation que nous connaissons aujourd’hui.
 
Suite à la chute du gouvernement, le travail de la Conférence des pensions est resté en suspens. Il est indispensable d’assurer le financement d’un système de pensions assurant un revenu décent aux uns et aux autres. Nous ne pouvons accepter des propos, comme ceux que tient l’UWE en proposant que certaines périodes assimilées soient exclues pour le calcul des pensions. 
 
Le pouvoir d’achat et la sécurité sociale restent au cœur de nos préoccupations. Nous voulons également améliorer la vie au travail. Trop souvent le travail est synonyme de souffrance, de pression, de stress et d’accidents. Ce 28 avril, se déroulait la journée internationale de commémoration des victimes d’accidents du travail. Chaque année, trop de salariés en sont les victimes, un mort tous les trois jours, c’est intolérable. La CSC veut résolument agir pour en faire reculer le nombre. Cela passe par une intensification de la prévention et par le renforcement des services d’inspection.
 
La CSC, c’est aussi le Comité régional wallon. La CSC wallonne s’implique dans notre action vis-à-vis de la gouvernance économique européenne. Ce 31 mai elle organisera une grande assemblée en interpellant les présidents de partis francophones.
Un nouveau contrat de gestion du FOREM est en cours de négociation. Il devra concilier l’enjeu d’offrir un accompagnement individualisé performant à tous les demandeurs d’emploi sans pour cela faire de discrimination excluant les plus éloignés de l’emploi.
Ce ne sera pas simple vu les moyens budgétaires difficiles en Région wallonne mais la CSC ne pourra accepter que l’on transforme le service public de l’emploi en « magasin prêt à l’emploi » pour les patrons, tout en laissant les plus faibles au bout du chemin.
L’Alliance Emploi-Environnement lancée par le Gouvernement wallon est aussi au centre de nos préoccupations,  la CSC a été le fer de lance pour mettre en avant la question de la précarité énergétique et pour faire en sorte que cette alliance de l’emploi et de l’environnement profite d’abord aux revenus les plus faibles et pas aux  bobos du Brabant wallon qui placent des panneaux solaires sur le compte des plus pauvres qui paient le tarif plein… c’est parce que la CSC s’est battue que, demain, cette alliance profitera surtout aux plus faibles.
 
Un grand nombre de compétences vont venir dans les mains des Régions, dont la politique de l’Emploi. D’ores et déjà, nous entamons, avec la CSC wallonne et surtout avec le Gouvernement wallon, des discussions pour  mesurer l’impact de ces régionalisations. Un premier enjeu sera de maintenir une concertation sociale forte !
Il ne faut pas être dupe… beaucoup de politiciens verraient d’un bon œil que des matières, aujourd’hui de la compétence des partenaires sociaux sur le plan fédéral, ne le soient plus sur le plan régional.
Ensuite, il faudra apprendre, avec le banc patronal wallon, à faire des accords équilibrés, en repartant de zéro pour faire en sorte que ces budgets importants puissent suivre le développement de la Wallonie mais surtout de tous ses travailleurs.
 
L’enjeu européen
Comme syndicalistes, nous restons des militants de cette construction européenne, nous avons une ambition pour l’Europe, nous la voulons plus sociale et plus humaine. Il est grand temps de changer de cap, d’urgence, nous avons besoin d’une autre Europe.
Il nous faut un véritable plan de relance, centré sur l’emploi durable et soutenable, renforçant les services publics, axé sur la formation et l’innovation. Nous avons besoin d’un véritable budget européen pour soutenir cette ambitieuse politique.
Nous avons besoin d’une Europe qui régule fermement les marchés financiers, qui protège l’économie en luttant contre la spéculation et les paradis fiscaux.
Les politiques actuelles démontrent leur inefficacité. Il suffit de voir ce qui se passe en Grèce, les plans d’austérité ont fait mal aux travailleurs mais en s’attaquant aux revenus de la population les politiques ont aggravé la situation de leur pays. Nous devons dire et redire que les politiques d’austérité sont injustes socialement et économiquement imbéciles.
  
 
Avec la Confédération Européenne des Syndicats nous nous sommes mobilisés, en septembre et en mars à Bruxelles, début avril à Budapest. Notre action a permis quelques modifications des projets européens mais n’en a pas encore modifié l’essence même. Nous allons poursuivre notre action pour peser sur les orientations européennes. »

(Discours prononcé à l’occasion du 1er mai et des 125 ans de la CSC) 


 

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