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20.12.2011 Se concerter est un verbe d’action! Pour le gouvernement aussi! | |
| Le jeudi 15 décembre, le ministre Van Quickenborne a fait approuver dans la précipitation une réforme des pensions par la commission des affaires sociales du Parlement. Dans le même temps, il a également annoncé l’instauration d’un nouveau système de pension uniformisé.
La CSC a immédiatement constaté que sa réforme des pensions marquait une rupture de contrat pour ceux qui avaient opté antérieurement pour un régime de crédit-temps, de prépension, d’emploi de fin de carrière ou d’interruption de carrière.
Le ministre compétent aurait pu éviter ces erreurs fâcheuses s’il s’était d’abord concerté avec les partenaires sociaux… mais son désir de marquer des points a manifestement été le plus fort. Par ricochet, le ministre s’est vu contraint d’annoncer en toute hâte des mesures transitoires pour corriger les erreurs les plus grossières. Il a également indiqué qu’il organiserait une concertation avec les syndicats.
Actuellement, il n’est toujours pas question de concertation. Les syndicats n’ont aucunement été officiellement invités par le ministre. Hier, lundi 19 décembre, il y a bien eu une réunion du comité de gestion de l’ONP mais elle était programmée de longue date. Lors de cette réunion, aucune demande officielle d’avis n’a été formulée et aucun nouveau texte n’a été proposé. Dans le même temps, on annonçait subitement que, le jour même, la Commission de la Chambre avait approuvé définitivement les plans de pension adaptés.
Hier, dans l’après-midi, un contact (donc pas du tout une concertation) a eu lieu entre le Premier ministre et les syndicats. Finalement, le Premier ministre a promis aux syndicats de leur fournir les textes sur la réforme des pensions. Il ressort de ces textes que le gouvernement a compris la critique des syndicats et que le cabinet ministériel restreint a déjà apporté quelques adaptations aux textes initiaux. Sous la pression des actions annoncées et malgré l’absence de concertation! Et donc grâce, principalement, aux propositions que la CSC est contrainte de formuler par le biais de nombreux canaux informels. Ces efforts importants ont déjà permis d’obtenir plusieurs adaptations.
La situation est tout aussi navrante pour les secteurs publics. Les mesures proposées sont imbuvables. Le ministre Van Quickenborne avait annoncé une "concertation" pour le secteur public. En fait, c’est une réunion du Comité A, prévue le jeudi 22 décembre, qui devrait tenir lieu de concertation. Or, le même jour, le vote relatif aux textes sur les pensions se déroulera en séance plénière au Parlement. Face à tant de provocations, il n’y a donc rien d’étonnant à ce que le front commun syndical des secteurs publics réagisse par une action de grève.
Enfin, dernier point mais non des moindres: la réforme des pensions présente de nombreuses lacunes. La CSC constate des manquements fondamentaux dans les plans de pension tant pour le secteur privé que pour le secteur public. Les travailleurs devraient tous travailler un peu plus longtemps mais nulle part cette réforme ne propose des incitants. Nulle part, elle ne demande un engagement aux employeurs. Alors, comment le gouvernement va-t-il donner aux gens la possibilité de travailler plus longtemps? Comment fera-t-il pour s’assurer que les plus de 50 ans puissent à nouveau trouver un emploi? Comment évitera-t-il que les travailleurs âgés soient les premiers à être licenciés?
Relever l’âge d’accès à la prépension ou à la pension anticipée est une réponse trop simple à un problème complexe. Cela ne signifie rien de plus qu’un glissement de la prépension vers l’assurance-chômage et l’assurance-maladie. Mais l’objectif était peut-être précisément de réduire le coût du licenciement des travailleurs?
A présent, le mal est fait. Au lieu d’organiser une concertation approfondie et de chercher une assise solide aux réformes, le ministre des pensions a opté pour la confrontation. Ce serait une erreur de croire que c’est dans l’intérêt de l’économie et des citoyens. En organisant une concertation préalable, il aurait pu éviter l’inquiétude et la méfiance. Désormais, la confiance a cédé la place à la défiance à l’égard du gouvernement. Avec toutes les conséquences que cette situation induit.
La CSC insiste avec une vigueur non démentie pour que le ministre compétent organise une véritable concertation et invite les partenaires sociaux à discuter avec lui du fond de la réforme. C’est la seule manière de faire pour que chacun puisse assumer ses responsabilités et rechercher des solutions soutenues par l’ensemble des intervenants. | |
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