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24.6.2011 L’Europe fait supporter le coût de la crise financière par les travailleurs | |
| La CSC déplore très vivement que le Conseil européen ait approuvé les recommandations unilatérales et néolibérales pour la Belgique dans le cadre du Semestre européen. S’il est vrai que quelques modifications ont encore été apportées aux textes, elles n’apportent aucun changement fondamental au dossier.- Bien que le rythme de l’assainissement des finances publiques ait été quelque peu ralenti, l’accent reste trop unilatéralement posé sur les dépenses. La recherche de nouvelles recettes reste un point tabou.
- L'index est menacé (même si le texte parle à présent de "steps to reform" et non plus de "to reform"). On ne tient pas compte du fait que c’est précisément l’index qui renforce le pouvoir d’achat et qui favorise la croissance économique. Les recommandations sont beaucoup trop vagues à propos des prix (énergétiques) trop élevés qui sont à l’origine d’une augmentation de l’index. Notre modèle de concertation salariale reste également visé par l'Europe.
- L’Europe continue à affirmer que la sortie anticipée du marché de l’emploi doit être découragée. Ce faisant, l’Europe ne tient pas compte du fait que l’âge effectif de sortie du marché de l’emploi a déjà été sérieusement relevé et que cette évolution se poursuivra en raison des effets combinés du Pacte de Solidarité entre les Générations et des évolutions sociales, démographiques et économiques. Par ailleurs, le relèvement de l’âge légal de la pension reste sur la table, même si quelques assouplissements ont été formulés ("Measures such as linking the statutory retirement age to life expectancy could be considered"). Comme si nous avions quelque chose à gagner, hormis le fait que les non-actifs âgés ne figureront plus dans les chiffres du chômage, des prépensions et de l’invalidité. De plus, les travailleurs ont déjà la possibilité, en Belgique, de continuer à travailler au-delà de 65 ans.
- Dans ses recommandations, l’Europe plaide également pour la réduction graduelle des allocations de chômage en fonction de la durée de chômage. Le Conseil ne tient manifestement pas compte du fait que les allocations de chômage baissent déjà sensiblement en cas de chômage de longue durée. Cette recommandation est en outre inconciliable avec les objectifs européens en matière de lutte contre la pauvreté.
Ces recommandations restent donc particulièrement unilatérales et s’inspirent d’une logique d’assainissement néolibérale dure ne laissant aucune place à de nouvelles recettes. L’Europe fait supporter le coût de la crise financière par les travailleurs.
Ce n’est là qu’un prélude à ce qui nous attend. En effet, lorsque les propositions relatives à la gouvernance économique (le six pack) seront définitivement approuvées en juillet – et c’est ce qui se profile à l’horizon maintenant que le Parlement a émis un vote favorable, ce type de recommandations pourra littéralement être imposé, sous peine de lourdes amendes.
La CSC constate que ces recommandations portent un coup sévère à la confiance dans l’Europe. La société décroche, le défaitisme et l’euroscepticisme gagnent du terrain.
Le projet européen et les citoyens européens méritent mieux! C’est pourquoi la CSC continuera fermement à faire pression, par la concertation et les actions, pour que cette Europe change de cap.
Diana DE CROP, responsable des relations presse, 02.246.32.84. Secrétariat: 02.246.32.85. | |
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