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19.3.2010 Pensions: les propositions du CD&V provoquent un vif émoi parmi les travailleurs | |
| Il est clairement question de sacrifices mais qu’en est-il des améliorations promises?
Même si le ton de sa nouvelle note concernant les pensions est plus nuancé, le CD&V est parvenu, dans sa façon de communiquer, à provoquer un vif émoi parmi les travailleurs. Nous n’avions vraiment pas besoin de ça dans le débat sur les pensions. Ce que les travailleurs auront surtout retenu, c’est qu’ils seront obligés de travailler bien après l’âge de 65 ans – voire jusque 70 ans – s’ils avaient plus de 20 ans au début de leur carrière et/ou s’ils ont connu des périodes non assimilées durant celle-ci.
Pourtant, déjà maintenant il faut avoir effectué une carrière de 45 ans, périodes assimilées comprises, pour avoir droit à une pension complète. Personne ne le sait, parce que la plupart des travailleurs arrêtent de travailler prématurément.
La CSC reconnaît la nécessité de travailler plus longtemps, mais est résolument opposée au relèvement de l’âge de la pension au-delà de 65 ans. Vu le taux de chômage élevé en dessous de 65 ans, ce genre de proposition est un non-sens absolu.
S’il est vrai que l’espérance de vie a augmenté et continue de progresser, ces moyennes font l’impasse sur de fortes variations selon la position socio-économique ou le niveau de qualification. Les travailleurs les moins qualifiés restent moins longtemps en bonne santé que les travailleurs les plus qualifiés. L’écart est de l’ordre de 14,5 à 15,5 années. Dans le débat sur les pensions, c’est une donnée incontournable.
CE QUE LA CSC RETIENT DE CETTE NOTE
- Le CD&V reprend en partie certains principes auxquels la CSC adhère également:- Non au relèvement de l’âge de la pension;
- Priorité aux pensions légales;
- Maintenir de la spécificité des régimes des travailleurs salariés, des fonctionnaires et des travailleurs indépendants;
- Renforcer les pensions et ne pas se contenter de les préserver;
- Maintenir le double objectif: lutter contre la pauvreté et préserver le pouvoir d’achat.
- Cette note est particulièrement concrète sur les sacrifices auxquels les travailleurs et les chômeurs doivent s’attendre:- Pension de survie limitée dans la durée pour les veufs et veuves qui ont des enfants de moins de 45 ans: croit-on vraiment que cette mesure permettra spontanément à ces veufs et veuves de retrouver un emploi?;
- Diminution de la pension pour les années de chômage: la CSC répète que le chômage n’est pas un choix délibéré; le faible montant des allocations de chômage est déjà une lourde sanction pour les travailleurs; il n’est pas question de les sanctionner une deuxième fois;
- Suppression de l’assimilation pour le crédit-temps ou l’interruption de carrière qui n’est pas justifiée par des soins ou une formation;
Sauf sur la question du "bonus de pension", cette note reste particulièrement vague quant aux éventuelles améliorations à apporter au régime légal:- Le CD&V affirme que le régime des pensions doit offrir une protection contre la pauvreté, mais sans préciser ce que cela signifie en termes d’augmentations. La CSC demande que la garantie de revenu aux personnes âgées soit augmentée pour atteindre la norme européenne de pauvreté; elle demande également que la pension minimale des travailleurs salariés soit augmentée pour atteindre 110% de cette norme;
- Il affirme la nécessité de majorer les plafonds salariaux, mais sans fixer d’objectif concret et avec une formulation très hypothétique: seulement si l’allongement de la carrière permet de disposer d’un budget supplémentaire. La CSC demande la liaison au bien-être des plafonds salariaux ainsi que la suppression de la discrimination inhérente à l’écrémage par année de carrière. Les plafonds (à majorer) doivent être appliqués sur les salaires de l’ensemble de la carrière.
- La note traite en long et en large la question du travail autorisé illimité des pensionnés, sans la moindre estimation du coût de la mesure, alors qu’à l’heure actuelle la première des priorités est d’offrir des perspectives aux chômeurs. Il ne s’agit pas seulement d’un signal négatif donné aux personnes âgées: si vous voulez vous assurer une vieillesse décente, vous devrez gagner de l’argent en plus de votre pension. Le signal donné aux jeunes chômeurs est encore pire.
- Le CD&V est quasiment muet sur toute la question du financement. Le seul moyen d’assurer la pérennité du système des pensions consiste à doter la sécurité sociale d’un financement alternatif. Le remède ne viendra pas d’une augmentation des cotisations sur le travail, mais bien d’un financement alternatif renforcé, auquel tous les revenus et toutes les fortunes contribuent selon leurs capacités, mais aussi d’un accroissement de l’emploi. Le CD&V veut relever le taux d’emploi, mais il n’explique pas comment. Il ne suffit pas de dire que tout le monde doit travailler plus longtemps pour qu’automatiquement des emplois soient réellement créés de manière à atteindre cet objectif ou que les gens soient dans les conditions de travailler plus et plus longtemps.
Diana DE CROP, responsable des relations presse, 02.246.32.84. | |
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